DIVERTISSEMENT

Marie-Ève Perron joue en France et au Québec depuis plus de 10 ans

La comédienne compte bien travailler sur les deux continents encore longtemps.

17/10/2017 10:59 EDT | Actualisé 17/10/2017 11:03 EDT
Facebook/Marie-Ève Perron

La majorité des Québécois ont fait connaissance avec Marie-Ève Perron grâce à son personnage de Nikki dans Les Simone. Pourtant, les téléspectateurs français avaient déjà découvert toute sa fougue dans l'adaptation des Invincibles, où elle jouait Cathy-casse-couille (l'équivalent québécois de Lyne la pas fine) et dans la télésérie France Kbek. Avec un nouveau rôle dans la série française Hero Corp, la suite des Simone et rôle dans un nouveau film québécois, la comédienne compte bien travailler sur les deux continents encore longtemps.

Décris-moi comment Nikki a évolué depuis le début des Simone?

Dans la première saison, elle n'a peur de rien, elle est frondeuse et très assumée, mais elle joue avec les limites. Quand elle se rend compte qu'elle est allée trop loin, elle essaie de retrouver son équilibre. On commence à rencontrer sa vulnérabilité. Ces temps-ci, plusieurs téléspectateurs me croisent sur la rue en me disant : «Mon Dieu que ça va pas ben pour elle! Elle vas-tu se calmer?». Pourtant, le gros élément déclencheur pour elle n'est pas encore arrivé. Quelque chose d'encore plus marquant va se produire et aller la chercher dans ses failles...

Tu as joué une détenue dans Unité 9 l'an dernier. Est-ce qu'on va te revoir?

Je n'en ai aucune idée. Je faisais partie de la nouvelle unité dans laquelle Bouba s'installait... Je n'ai pas reçu d'appel encore pour poursuivre ce personnage. Mais on ne sait jamais!

Il y a 8 ans, comment as-tu obtenu le rôle dans l'adaptation française des Invincibles?

Après mes études au Conservatoire d'art dramatique de Montréal, je suis partie en France pendant trois ans avec les pièces de Wajdi Mouawad (Forêts, Littoral), qui fonctionnaient très bien. J'ai été approchée par des agents et j'ai décidé de tester le marché en France. Un jour, mon agente m'a appelée un peu hystérique en me parlant de l'audition des Invincibles. Elle disait qu'il ne fallait absolument pas que les gens de la production sachent que je suis Canadienne! J'ai passé des jours à écouter la radio et à regarder la télé là-bas, et à répéter sans arrêt. Je suis arrivée à l'audition hyper stressée! Mais ça a fonctionné.

Avais-tu regardé la version québécoise?

Jamais, parce que j'étais en France durant la diffusion de la série au Québec. J'ai donc pu créer le personnage à ma façon. Je pense que c'est une bonne chose d'avoir eu un regard neutre, parce que j'aurais été intimidée par le travail de Catherine Trudeau, qui est tellement bonne.

Était-ce naturel pour toi d'adopter l'accent français?

Comme j'avais fait trois ans de diction au Conservatoire, à répéter pour ne pas qu'on entende l'accent québécois quand on jouait des productions en français normatif, j'avais déjà un bon bout de chemin de fait. Mon oreille était développée. Mais je devais travailler la rythmique et le naturel de ce que je disais. En France, on tournait les Invincibles dans un français très parlé, et je n'avais pas envie d'avoir l'air scolaire dans mon ton de voix.

Tu joues dans la cinquième saison de Hero Corp. Qu'est-ce que c'est?

C'est série de super-héros faite avec les moyens du bord. Après deux saisons, France 4 n'a pas voulu la renouveler, mais la chaîne a reçu tellement d'appels et de pétitions des fans qu'elle a choisi de ramener la série. Moi, je suis arrivée dans la cinquième saison. Je joue une agente de surveillance.

Tu retiens quoi de tes expériences de tournage en France?

Je n'ai pas joué dans des séries à très gros budget comme celles diffusées sur TF1 ou Canal+, alors j'ai moins connu les histoires d'egos et de hiérarchies dont on parle souvent et qui existent réellement. Les Invincibles étaient quand même diffusés sur Arte, mais c'était la première fiction tournée pour la chaîne en 2009. Les séries dans lesquelles j'ai tourné étaient portées par la foi de toute l'équipe. Ça crée une autre dynamique, qui ressemble davantage à ce qui se passe au Québec.

Veux-tu continuer les allers-retours?

Je suis très contente de ma carrière au Québec. Au cours des dernières années, j'ai reçu beaucoup de propositions pour faire des tournées de théâtre de quatre ou cinq mois en Europe, mais je trouvais ça trop prenant de partir aussi longtemps. J'avais plus envie de rester au Québec. Mais j'ai quand même construit des affaires là-bas et je trouverais ça dommage de fermer cette porte. Je ne suis pas fermée aux allers-retours, mais je n'ai pas envie de partir sur une longue période.

Plusieurs de tes personnages sont des filles de caractère. As-tu l'impression que c'est le trait fort de ton casting?

Probablement, oui. Dans la série sur Jean Béliveau, je jouais une femme plus douce. Mais si je fais le cumul, c'est vrai que j'ai joué plus de personnes au tempérament fort. On m'a toujours dit qu'on ignore ce que les gens voient en nous et projettent en nous, et qu'il faut l'accepter. J'embrasse cette idée-là. Et de l'intérieur, je travaille différemment chacun de mes personnages.

Tu as joué dans Grease en 2015 et 2017. Es-tu aussi à l'aise avec la danse, le chant et le jeu?

Non. C'est tout nouveau pour moi de chanter et de danser. J'arrive à un résultat, mais il faut que je travaille beaucoup. C'est un nouveau vocabulaire que je dois apprendre et ça me prend plus de temps. Je chante depuis toujours, mais c'était quelque chose d'hyper intime que je gardais pour moi jusque-là. Être sur scène en chantant, ça me rend très vulnérable.

Trouvais-tu cela intimidant de jouer Rizzo, le rôle d'abord interprété par Joëlle Lanctôt en 2015, un an avant qu'elle éblouisse tout le monde dans Mary Poppins?

Je voulais mourir! J'adore cette fille-là. Je l'ai écoutée chanter son solo pendant 35 représentations et je venais le corps tout à l'envers chaque fois. Elle va chercher des notes et réussit à transmettre quelque chose à travers sa voix qui me jette à terre. Il a fallu que j'accepte que je ne serais pas comme elle. Et je lui ai dit. Je n'ai pas la prétention de dire que je suis une chanteuse. Je suis une actrice qui chante. Mais j'ai quand même accepté l'opportunité et je ne pouvais pas y aller à reculons.

Qu'est-ce qui t'attend dans les prochains mois?

Je vais tenir un très beau rôle dans le premier long métrage d'un réalisateur dont je ne peux rien dire. Je travaille à la traduction d'une pièce. J'aide à la scénarisation d'un long métrage. Et j'espère qu'il y aura une troisième saison des Simone!

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