POLITIQUE

L'opposition dénonce la prise de contrôle de la CSeries par Airbus

Le gouvernement Couillard a perdu son pari, selon le PQ et la CAQ.

17/10/2017 12:52 EDT | Actualisé 17/10/2017 15:21 EDT

Les partis d'opposition à l'Assemblée nationale ont dénoncé en choeur, mardi, la prise de contrôle de la division CSeries de Bombardier par le géant européen Airbus.

Maintenant qu'Airbus devient l'actionnaire majoritaire de la CSeries, le premier ministre Philippe Couillard a perdu le contrôle du plus beau produit de génie québécois, a déploré le chef de l'opposition officielle, Jean-François Lisée.

En 2015, a-t-il rappelé en point de presse, lorsque le premier ministre a annoncé une prise de participation du Québec à hauteur de 1,3 milliard $ dans la CSeries, ce devait être pour que Bombardier puisse faire partie des ligues majeures, sur la scène internationale.

Or, cela ne s'est pas produit, conclut-il de la transaction annoncée la veille.

«Comment a-t-il pu dire oui à ça?», s'est-il interrogé, constatant que la transaction indiquait à quel point Bombardier était placé dans une situation de vulnérabilité.

Et cette faiblesse tire son origine dans le fait que Québec a choisi de miser uniquement sur la CSeries au lieu d'investir dans Bombardier dans son ensemble, une erreur stratégique selon le chef péquiste.

«C'est Airbus qui va tout décider de ce qui va arriver avec la Série C» désormais, a renchéri le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault.

Le premier ministre Couillard a fait un pari risqué en investissant massivement des fonds publics dans la CSeries et il a perdu son pari, conclut lui aussi M. Legault.

Dans ce contexte, le maintien du siège social au Québec n'est que de la poudre aux yeux, car dorénavant «toutes les décisions importantes vont être prises par Airbus», prédit M. Legault.

Le Québec vient donc de perdre encore une fois un centre de décision, le siège social de la CSeries étant promis à devenir une «coquille vide», selon lui.

«C'est un jour triste pour le Québec», a ajouté M. Legault, disant souhaiter que le Vérificateur général fasse le point sur la valeur actuelle de la participation gouvernementale de 1,3 milliard $ placée dans l'aventure.

Le porte-parole de Québec solidaire, le député de Mercier, Amir Khadir, conclut pour sa part que la participation des Québécois sous forme d'une participation de 1,3 milliard $ servira «à subventionner des jobs d'Airbus en Alabama».