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Le joueur de cuillère devant le magasin Ogilvy de Montréal prend sa retraite

Après avoir joué de la cuillère de bois pendant 20 ans devant le grand magasin.

17/10/2017 15:56 EDT | Actualisé 17/10/2017 15:56 EDT

Après avoir joué de la cuillère de bois pendant 20 ans devant le grand magasin Ogilvy de la rue Sainte-Catherine Ouest, à Montréal, l'un des plus célèbres musiciens de rue de la métropole s'apprête à prendre sa retraite — du moins une «semi-retraite».

Cyrille Estève, qui a eu 65 ans en septembre — et peut donc toucher sa pension de vieillesse —, admet que de nouveaux règlements municipaux compliquent maintenant la pratique de son art de rue.

Les nouveaux règlements stipulent qu'un musicien de rue doit changer de poste toutes les heures: Cyrille ne peut donc plus s'installer en permanence devant Ogilvy, et devrait se déplacer d'au moins 60 mètres chaque heure. Or, c'est à vélo qu'il trimballe son équipement — système audio, tabouret et cuillères —, ce qui rend chaque déplacement laborieux, maintenant qu'il vieillit.

Par ailleurs, les musiciens de rue ne peuvent plus vendre que des articles qui sont directement liés à leur performance — comme un disque, par exemple. Or, Cyrille Estève arrondissait ses fins de mois en vendant aux touristes des «cuillères en bois souvenirs».

Le musicien soutient qu'il gagnait jusqu'ici une quinzaine de dollars par jour — pour 10 heures de travail. Il estime que les nouvelles règles du jeu rendent maintenant l'entreprise non rentable, et il prendra sa retraite à la fin du mois.

Cyrille Estève est devenu au fil du temps une institution à Montréal. Tous les jours, on peut le voir sur son tabouret jouer de la cuillère de bois sur des airs enregistrés d'accordéon et de violon. Les touristes l'adorent, et il se dit fier de figurer sur certaines listes des «symboles de Montréal» — même s'il ne possédait pas de connaissances musicales particulières à ses débuts à la cuillère.

M. Estève continuera à jouer de temps en temps, mais pour le plaisir, pas pour le boulot. Il vient d'adopter un chiot Jack Russell — comme celui de Jean Dujardin dans «L'Artiste» —, et il veut lui apprendre à jouer au hockey et au basketball pendant qu'il jouerait de la cuillère.

Le musicien de rue continuera par ailleurs sa lutte pour faire renverser les nouveaux règlements municipaux, par le biais d'une pétition qu'il a lancée l'an dernier. Dimanche, son initiative citoyenne avait recueilli 1143 signatures.