POLITIQUE

La nouvelle ministre de la Condition féminine est «clairement féministe»

Ça fait changement.

17/10/2017 15:55 EDT | Actualisé 17/10/2017 16:05 EDT
LA PRESSE CANADIENNE

QUÉBEC – La nouvelle ministre de la Condition féminine, Hélène David, affirme sans hésiter qu'elle est féministe, contrairement à sa prédécesseure Lise Thériault qui refusait cette étiquette.

Mme David, qui s'était exclamée «Vive les femmes!» lors de son assermentation à ce nouveau poste, dit que son féminisme lui colle à la peau au fil des années. «Je suis clairement féministe et plus je vieillis, plus je suis féministe!» a-t-elle répondu sans hésitation lorsque les journalistes lui ont posé la question.

«Plus on vieillit, plus on a du pouvoir, plus on s'aperçoit que pour une femme, honnêtement, ça peut être plus difficile que pour un homme.»

Mme David, qui cumule également le rôle de ministre responsable de l'Enseignement supérieur, est d'avis que le ministère de la Condition féminine est plus que jamais pertinent dans la foulée du phénomène #moiaussi qui enflamme le web.

Des milliers de femmes ont dénoncé sur les réseaux sociaux le harcèlement et les attouchements non consentants dont elles ont été victimes après les révélations de l'affaire Harvey Weinstein.

«Si vous pensez que les causes féminines, féministes, ne sont pas importantes, oubliez ça, a déclaré la ministre David aux médias mardi. Je pense que nous sommes tous et toutes interpellés par ce qui se passe en ce moment. On a besoin de nous tous et de nous toutes pour changer cette culture du silence.»

Selon elle, ce n'est pas un hasard si les mots-clics #moiaussi, #metoo ou encore #balancetonporc en France sont parmi les plus utilisés au monde.

«Je voudrais que vous compreniez ce que ça veut dire, "culture du viol". Il y a le mot "culture" là-dedans et "culture", ça ne veut pas dire "viol" seulement. J'espère que vous lisez tous les tweets et que vous compreniez qu'il y a un continuum de culture qu'il faut absolument arrêter.»

«Peut-être que ce sera une autre tornade plus grande que les précédentes, a-t-elle poursuivi. Cette fois-ci, il faut que ce soit un point tournant. Il y en a qui ont dit: "Il y aura un avant Weinstein et il y aura un après Weinstein." »

Si Mme David se dit consciente que des dénonciations sur le web ne vont pas «tout régler», elle espère que l'amplitude du mouvement va amener une prise de conscience collective et changer «la culture des relations hommes-femmes».

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