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Collision entre un drone et un avion, le BST ouvre une enquête

Il s'agit de la première fois que le Bureau de la sécurité des transports du Canada se penche sur un accident impliquant à la fois un drone et un avion.

17/10/2017 12:32 EDT | Actualisé 17/10/2017 13:05 EDT
PA Archive/PA Images

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a ouvert une enquête sur la collision entre un drone et un aéronef de passagers survenue près de l'aéroport de Québec jeudi dernier.

Il s'agit de la première fois que le BST se penche sur un accident impliquant un drone.

La cueillette d'information sur ce qui s'est passé ce jour-là est compliquée par le fait que le drone n'a pas été retrouvé et que son propriétaire n'a pas encore été identifié.

Mais la collision nécessite une enquête, juge l'organisme fédéral.

"Vu que c'est quand même une première, et je crois que ce n'est pas juste au Canada, à ma connaissance, il n'y en a pas eu dans le monde. Alors c'est juste de voir ce qu'on peut faire pour améliorer la sécurité des transports", a déclaré en entrevue Isabelle Langevin, enquêteure pour le BST.

"Car les drones sont là pour rester", a-t-elle ajouté.

L'avion de l'entreprise SkyJet n'a pas subi de dommages importants et il a pu se poser sans problème à l'aéroport Jean-Lesage à Québec. En provenance de Rouyn-Noranda, l'appareil transportait huit personnes, dont deux membres d'équipage.

Le drone a été vu par l'équipage au bout de son aile gauche et l'état d'urgence a été déclaré, note le BST dans ses notes d'enquête préliminaires.

L'inspection de l'aéronef a révélé quelques égratignures et un transfert de peinture sur l'aile gauche, ainsi que des marques de friction sur le boudin de dégivrage, est-il aussi précisé.

L'aéronef se trouvait à trois kilomètres de l'aéroport, à environ 1500 pieds (environ 0,5 km) au-dessus de l'autoroute Laurentienne, lorsqu'il a été percuté par un drone à une aile, selon ce qu'a déclaré dimanche un responsable de l'aéroport Jean-Lesage, Mathieu Claise.

Pourtant, selon les règles intérimaires adoptées par Transports Canada, l'usage d'un drone à des fins de loisirs est interdit dans un rayon de moins de 5,5 kilomètres autour de tout aéroport et à plus de 300 pieds au-dessus du niveau du sol (environ 90 mètres).

Selon un communiqué du ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, diffusé dimanche, 1596 incidents liés aux drones ont été recensés depuis le début de l'année 2017. Parmi ces cas, 131 ont été jugés préoccupants pour la sécurité aérienne.

Les drones étaient donc déjà sur le radar du BST, a dit Mme Langevin.

L'organisme fédéral rédigera un rapport qui soulèvera des enjeux de sécurité.

Le BST est un organisme indépendant qui mène des enquêtes sur des événements maritimes, de pipeline, ferroviaires et aéronautiques. Son seul but est de promouvoir la sécurité des transports. Le Bureau n'est pas habilité à attribuer ni à déterminer la responsabilité civile ou pénale, est-il indiqué sur son site internet.