POLITIQUE

«Tout ce qu’on a dit qu’on ferait, on l’a fait» – Caroline St-Hilaire

Mme St-Hilaire quittera son poste avec le sentiment du devoir accompli à l'issue des élections du 5 novembre.

16/10/2017 16:02 EDT | Actualisé 16/10/2017 16:02 EDT
Ville de Longueuil

À quelques semaines de son départ annoncé à titre de mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire dresse un bilan positif de son second et dernier mandat à la tête de la plus importante ville de la Rive-Sud. Un mandat marqué par des réalisations importantes... et un complexe culturel qui se fait toujours attendre.

NDLR: Le HuffPost Québec a dressé le bilan des promesses phares des maires des cinq plus grandes villes du Québec : Montréal, Québec, Laval, Gatineau et Longueuil. Les entrevues seront diffusées au cours des prochains jours.

Mme St-Hilaire quittera son poste avec le sentiment du devoir accompli à l'issue des élections du 5 novembre. Plusieurs de ses promesses les plus complexes de la dernière élection ont été réalisées. Après un premier mandat à «faire le ménage», de gros chantiers ont été entamés à Longueuil.

Pleins pouvoirs sur l'aéroport

Un des projets phares de la mairesse était la municipalisation de l'aéroport de Saint-Hubert afin que la Ville de Longueuil ait les pleins pouvoirs sur cet important outil de développement local.

L'aéroport relevait autrefois de l'agglomération de Longueuil, qui compte quatre villes limitrophes. Lorsque Mme St-Hilaire a promis dès 2009 de rapatrier cette compétence, plusieurs observateurs doutaient que cela se réaliserait.

Mais en juin 2016, le gouvernement adoptait une loi octroyant à la Ville la majorité des sièges au sein de l'organisme Développement de l'aéroport Saint-Hubert–Longueuil (DASH-L).

«En 2009, il y avait plein de choses qui ne fonctionnaient pas à Longueuil. Il y avait des séances houleuses au conseil municipal, les gens étaient mécontents. On a réglé le problème de l'aéroport alors que personne ne pensait qu'on allait le faire», souligne la mairesse.

Victoire, mais pas encore pour le bruit des avions

Une autre affaire connexe qui figurait sur la liste des priorités de Mme St-Hilaire pour son second mandat: le bruit causé par les écoles de pilotage.

En août 2015, tous croyaient la promesse livrée. Une entente hors cour forçait les écoles à respecter un horaire de vol réduit, à moins qu'elles ne munissent leurs avions de silencieux.

Un écueil inattendu est toutefois survenu cet été. Transport Canada a permis aux écoles d'outrepasser les balises de l'entente, malgré les protestations de la Ville, de DASH-L et des résidents. La saison de pilotage a pris fin sans que le dossier ne soit réglé. De nouveaux silencieux ont toutefois été homologués par Transport Canada, ce qui pourrait permettre un dénouement heureux.

Revitalisation des artères commerciales: 2 sur 3

En 2013, Mme St-Hilaire avait promis de revitaliser trois des principales artères commerciales de Longueuil, soit le boulevard Churchill, la rue Saint-Charles et le chemin de Chambly. La première a vu la fin des travaux en 2015, alors que la seconde a fait l'objet de consultations publiques pour un concept d'aménagement plus festif. La planification du projet est en cours.

Reste le chemin de Chambly, artère commerciale mal aimée et dévitalisée malgré sa riche histoire et sa place de choix au cœur de la ville.

Technopôle et développement économique

Sur le plan économique, Mme St-Hilaire a décidé de tailler une place pour sa ville dans le secteur du transport «durable et intelligent». Elle a donc promis – et livré – le Technopôle IVEO, qui a déjà subventionné plusieurs projets dont la valeur s'élève à près de 5 millions $.

D'ailleurs, le bilan économique de Mme St-Hilaire a de quoi faire des envieux, si l'on se fie aux mises en chantier.

«Les investisseurs ne venaient plus à Longueuil en 2009, alors qu'on bat des records de construction maintenant», souligne celle qui sera bientôt chroniqueuse à TVA.

À quand le complexe culturel?

Un grand absent figure au bilan 2013-2017 de Mme St-Hilaire: le complexe culturel. Intégré au plan de refonte du secteur du métro Longueuil – Université de Sherbrooke, appelé à devenir un véritable centre-ville, le complexe tarde à voir le jour.

La Ville injectera 20 M$ dans le projet et a obtenu une promesse de 20 M$ du gouvernement du Québec. Il reste 13 M$ à aller chercher avant que les contrats ne soient accordés.

«Je fais tout pour qu'on puisse avoir une pelletée de terre, affirme la mairesse. On est en train d'étudier le dossier, on est en discussions avec des gens du privé.»

Une fleur pour Sylvie Parent

Longueuil sera le théâtre d'une anomalie en politique québécoise: une course à trois entièrement féminine.

Le bras droit de Caroline St-Hilaire, Sylvie Parent, a pris sa place à la tête du parti Action Longueuil. Une autre ancienne collègue, Josée Latendresse, a brisé les rangs pour former son propre parti, Longueuil Citoyen. Option Longueuil, anciennement cantonné dans l'arrondissement de Greenfield Park, a recruté l'ex-députée Sadia Groguhé pour prendre d'assaut la mairie.

«D'après moi, il y en a une qui est de loin avantagée, affirme la mairesse au sujet de Sylvie Parent. Elle est expérimentée, elle fait le travail depuis huit ans. La population veut que le travail continue.»

Mme Parent est largement vue comme le dauphin de Mme St-Hilaire. Les électeurs viendront confirmer ou infirmer ce choix le 5 novembre.