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Les studios Weinstein en négociation pour se vendre au fonds Colony Capital

«Nous pensons que l'investissement et le parrainage de Colony vont aider à stabiliser les opérations en cours de l'entreprise.»

16/10/2017 11:37 EDT | Actualisé 16/10/2017 13:12 EDT

Les studios de cinéma Weinstein, dont la réputation souffre des accusations de viol et d'agressions sexuelles contre leur co-fondateur Harvey Weinstein, sont en négociation pour se vendre face aux difficultés financières provoquées par l'affaire.

La maison de production a indiqué lundi avoir reçu un apport immédiat d'argent frais de la part du fonds d'investissement Colony NorthStar (ex-Colony Capital), ce qui pourrait l'aider à lever à court terme les incertitudes sur son avenir. Les termes de l'accord n'ont pas été dévoilés.

Les deux parties ont en parallèle entamé des discussions sur un possible rachat de The Weinstein Company (TWC) par Colony, fonds d'investissement créé par le milliardaire américain Tom Barrack, un ami du président Donald Trump.

Une réunion du conseil d'administration est prévue ce mardi à New York pour décider du sort final des studios, rapporte la presse américaine. Lundi, Harvey Weinstein était encore présenté sur le site internet du groupe comme "co-président".

"Nous pensons que l'investissement et le parrainage de Colony vont aider à stabiliser les opérations en cours de l'entreprise", a souligné lundi Tarek ben Ammar, un des membres du conseil d'administration de TWC.

"Nous sommes heureux d'investir dans The Weinstein Company pour l'aider à aller de l'avant", a renchéri Tom Barrack, qui avait notamment organisé la cérémonie d'investiture de Donald Trump en janvier dernier.

Projets annulés

M. Barrack, qui a fondé Colony en 1991, a bâti sa fortune en investissant dans l'immobilier à risque au Moyen-Orient et dans des crédits immobiliers toxiques en Allemagne.

Cet amateur de "coups financiers", dont les grands-parents étaient des immigrés libanais, a essuyé des déconvenues dans les années 2000 après que ses investissements dans les casinos ont mal tourné.

En France, il est connu pour avoir été propriétaire du club de football Paris Saint-Germain de 2006 à 2011 et pour avoir été actionnaire des hôtels Accor et du géant de la distribution Carrefour.

Ce n'est pas la première fois que Tom Barrack s'aventure dans le cinéma: associé à un fonds qatarien, il avait déjà racheté les studios Miramax, créés par les frères Weinstein, Bob et Harvey, en 2010 avant de les revendre par la suite.

TWC a licencié Harvey Weinstein le 8 octobre, à la suite d'une série d'accusations de harcèlement sexuel qui courent sur trois décennies, révélées dans une enquête du New York Times.

Le magazine New Yorker a publié également sa propre enquête, où plusieurs actrices accusent M. Weinstein de viols.

Depuis lors, l'avenir des studios était en suspens car le scandale a emporté plusieurs grands projets de production. Apple a annulé un projet de série sur Elvis Presley et Amazon a indiqué être en train "de réviser (ses) projets avec The Weinstein Company" concernant deux co-productions.

Deux hypothèses étaient évoquées par les observateurs: la vente des studios qui continueraient à travailler avec un ou plusieurs nouveaux propriétaires, ou sa fermeture pure et simple et la vente à la pièce de son catalogue de films et de séries TV.

Les discussions avec Colony écartent pour l'instant une troisième option qui voyait Bob Weinstein et le président de la société David Glasser à la tête de la maison de production qui serait dotée d'un nouveau nom .

Les oeuvres de TWC et de Miramax ("Pulp Fiction", "Kill Bill", "Gangs of New York", "The Artist", "Carol", "Shakespeare in love", "Le patient anglais"...) ont accumulé 341 nominations et récolté 81 statuettes aux Oscars, entre autres récompenses prestigieuses.

Les dirigeants du studio ont également discuté, selon les médias américains, de la possibilité de repousser la sortie prévue le 24 novembre du film "Current War", le dernier long-métrage programmé par la société en 2017. Si cette fresque historique avec l'acteur britannique Benedict Cumberbatch incarnant Thomas Edison est repoussée à 2018, le film ne pourra pas être sélectionné pour les différentes récompenses, dont les Oscars.