POLITIQUE

Le PQ force la main à la SQ et à l’UPAC

Ils avaient d’abord refusé de témoigner sur le projet de loi 107.

16/10/2017 12:53 EDT | Actualisé 16/10/2017 22:48 EDT
LA PRESSE CANADIENNE

QUÉBEC – Après l'intervention de l'opposition officielle et plusieurs autres péripéties, l'étude du projet de loi 107 sur l'indépendance de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) se fera avec le témoignage du commissaire Robert Lafrenière.

La Sûreté du Québec (SQ), le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) avaient d'abord refusé de venir témoigner cette semaine. L'UPAC avait d'abord accepté, pour ensuite se désister, a indiqué Pascal Bérubé, porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière de sécurité publique, au HuffPost Québec.

M. Bérubé dit qu'il a contacté le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, la semaine dernière, pour lui faire part de ses préoccupations. « Je lui ai dit que dans les circonstances, je ne voyais pas comment on pouvait procéder avec ces auditions », dit-il

Sa collègue Agnès Maltais – qui siège sur la Commission des institutions de l'Assemblée nationale – et M. Bérubé ont ensuite écrit au président de la commission, le député libéral Guy Ouellette, pour lui demander d'invoquer l'article 51 de la Loi sur l'Assemblée nationale afin de contraindre les groupes à témoigner.

Selon le Bureau d'enquête du Journal de Québec, qui a révélé l'affaire, M. Ouellette, devait leur envoyer une lettre pour les inviter à reconsidérer leur refus – sans quoi la Commission des institutions allait discuter de la possibilité de les obliger à témoigner. La lettre a été envoyée lundi en fin d'après-midi.

En début de soirée, la SQ, le DPCP, le BEI et l'UPAC avaient tous confirmé qu'ils acceptaient d'aller témoigner à l'Assemblée nationale – sans donner d'explications sur leur refus initial.

M. Bérubé se dit « heureux » de la tournure des événements et s'attribue un certain mérite. « N'eût été de notre intervention (...) ils ne seraient pas venus. Quant à savoir pourquoi, aujourd'hui, les quatre groupes ont décidé de changer d'idée, je pense humblement que ce n'est pas étranger à notre démarche. »

Le PQ espère maintenant que les quatre groupes expliqueront pourquoi ils n'ont pas voulu témoigner sur l'indépendance de leurs institutions, « surtout dans le cas de l'UPAC ».

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, était lui aussi d'accord pour que les quatre groupes comparaissent lors de l'étude du projet de loi. « Je pense que c'est un manque de transparence, a-t-il dit plus tôt en journée. Je pense qu'on a le droit de poser des questions sur les délais qui semblent très longs avant que certains dossiers aboutissent. »

S'il est adopté, le projet de loi 107 ferait de l'UPAC un corps de police spécialisé dans la lutte contre la corruption et donnerait plus de pouvoirs au commissaire. L'UPAC pourrait également disposer des autres services policiers pour mener ses enquêtes à terme.

Les consultations commencent mardi à 19h30. D'autres témoins, comme le président de la Fraternité des policiers de Montréal Yves Francoeur ainsi que le chroniqueur judiciaire Claude Poirier, seront présents dans les prochains jours.