POLITIQUE

Ligne rose: Alexandre Taillefer préfère prolonger le REM

Il a appuyé les critiques du maire Denis Coderre, qui a ridiculisé le projet de ligne rose en disant que «le festival Juste pour rire est terminé».

12/10/2017 16:32 EDT | Actualisé 12/10/2017 17:08 EDT
The Canadian Press Images

L'entrepreneur Alexandre Taillefer s'est invité dans le débat sur le transport en commun hier, lors d'un échange sur Twitter. Il a lancé l'idée de prolonger le Réseau électrique métropolitain (REM) vers l'est plutôt que de créer la nouvelle ligne de métro de Projet Montréal.

M. Taillefer a appuyé les critiques du maire Denis Coderre, qui a ridiculisé le projet de ligne rose en disant que «le festival Juste pour rire est terminé».

«Entre ligne rose et expansion du REM vers l'est il n'y a pas photo [NDLR: l'expression signifie "le vainqueur est clair"]. La capture foncière et la densification possible sont énormes», a-t-il dit sur Twitter.

Contacté par le HuffPost Québec, M. Taillefer a précisé qu'il s'agissait d'une opinion personnelle «basée sur coût de construction et d'opération par kilomètre du métro vs le REM et sur le potentiel d'accroissement foncier des terrains dans l'est».

«Tant mieux», dit Valérie Plante

En conférence de presse, la chef de Projet Montréal Valérie Plante se dit heureuse de l'apport de M. Taillefer sur la question.

«Tant mieux si on en parle, parce qu'il y a réellement des problèmes de congestion, de transport sur l'île de Montréal. Je suis très heureuse que M. Taillefer dise "qu'est-ce qu'on peut faire pour l'est"», dit-elle.

Mme Plante fustige toutefois le maire Coderre pour le ton de ses critiques.

«Je trouve épouvantable que mon adversaire rie des Montréalais qui n'arrivent pas à entrer dans le métro le matin», lance-t-elle.

CDPQ Infra, l'entité créée par la Caisse de dépôts et placements pour gérer le projet de REM, a indiqué au HuffPost Québec qu'elle doit recevoir un mandat du gouvernement avant de proposer une solution de transport. Le ministère des Transports n'était pas en mesure, à brève échéance, de préciser si un prolongement du REM vers l'est ou ailleurs était dans les cartons.

Quel projet privilégier?

L'attaché de presse de Mme Plante, Marc-André Viau, a répondu à M. Taillefer qu'un métro arriverait essentiellement au même résultat qu'un REM. D'ailleurs, Projet Montréal prévoit concevoir la ligne rose afin de pouvoir utiliser le même matériel que le futur train léger.

Les coûts projetés pour la ligne rose et le REM sont sensiblement les mêmes (6 G$), mais le REM sera plus de deux fois plus long. Il s'agit toutefois d'une infrastructure principalement hors-terre, qui utilise en partie des tracés ferroviaires déjà existants.

L'essentiel des coûts de la ligne rose proviendrait du tunnel reliant 18 stations jusqu'à Montréal-Nord. Selon Projet Montréal, toute infrastructure hors-terre (y compris une extension du REM) qui voudrait se rendre dans le Nord-Est devra utiliser la grille de rue en escaliers de Montréal à moins de faire des expropriations massives. Un tunnel en diagonale permettrait de réduire drastiquement les temps de parcours.

Concernant la densification, le parti a identifié neuf zones de développement potentiel autour des stations de la ligne rose.

Soulignons que la captation de la plus-value foncière a été essentiellement mise de côté par le gouvernement provincial. Celui-ci espérait initialement réclamer plus de 500 M$ aux municipalités pour que le REM tire avantage de l'augmentation de la valeur foncière près de ses gares. Elles ne paieront plus que 23,5 M$.