NOUVELLES

De nombreuses femmes travaillent comme gardiennes de prison au Québec

Selon des chercheurs, les femmes sont en force dans ce secteur traditionnellement masculin parce qu'elles aiment le métier d'agent correctionnel.

12/10/2017 14:31 EDT | Actualisé 12/10/2017 14:32 EDT
Getty Images/iStockphoto
Line of barbed wire

Les femmes sont nombreuses à travailler comme gardiennes de prison au Québec — près de 50 pour cent du personnel dans certains centres de détention — et elles changent les façons de faire en milieu carcéral, selon une chercheuse de l'Université Laval qui a étudié ce métier difficile et assez méconnu.

Celles qui sont désormais appelées agentes des services correctionnels représentent maintenant 40 pour cent des effectifs des prisons provinciales, et elles sont fort présentes même dans celles qui n'accueillent que des détenus masculins.

La proportion atteint même 48 pour cent dans les plus grands centres de détention au Québec.

Ces données proviennent d'une étude menée par Sophie Brière, professeure au Département de management de l'Université Laval et titulaire de la Chaire de leadership en enseignement – Femmes et organisations.

Selon elle, les femmes sont en force dans ce secteur traditionnellement masculin parce qu'elles aiment le métier d'agent correctionnel. Le travail d'aide à la réinsertion sociale des détenus leur plaît et il s'agit d'un emploi assorti de défis comme de bonnes conditions de travail. Elles ont aussi des possibilités d'avancement, qui est l'un des facteurs expliquant aussi qu'elles sont nombreuses à rester à l'emploi du service correctionnel: elles y ont un taux de rétention de 95 pour cent, a calculé la chercheuse.

Et leur présence a changé les méthodes d'intervention auprès des détenus: on utilise de plus en le plus le dialogue plutôt que la force. La présence de femmes a aussi amené des changements dans le climat de travail, notamment sur le langage utilisé. Et du point de vue des détenus, la présence de femmes modifie leur perception de ce métier et du rôle des agents.

Ces changements profitent à tous, agents masculins comme féminins, note la professeure.

Mme Brière estime que les membres de la direction des prisons ont su s'adapter à cette réalité et que le métier a beaucoup évolué.

Des agents correctionnels masculins lui ont confié ne pas vouloir revenir en arrière, à un milieu de travail composé uniquement d'hommes. Car ils apprécient les changements et un milieu qui ressemble plus à leur vie de tous les jours.