POLITIQUE

Contrarié, Couillard accuse les médias de vouloir «de la chair et du sang»

Le chef du gouvernement s'est emporté après qu'un journaliste lui eut demandé pourquoi seule Rita de Santis avait été éjectée du cabinet.

12/10/2017 12:23 EDT | Actualisé 12/10/2017 12:31 EDT
Jacques Boissinot/PC

Le premier ministre Philippe Couillard n'a pu cacher son exaspération, jeudi, face aux médias qui ont largement commenté le remaniement ministériel.

Lors d'un impromptu de presse dans un hôtel de Québec jeudi matin, le chef du gouvernement s'est emporté après qu'un journaliste lui eut demandé pourquoi seule Rita de Santis avait été éjectée du cabinet.

«Qu'est-ce que vous voulez avoir, vous autres les médias? s'est-il insurgé. Vous voulez avoir une livre de chair, un peu de sang sur la table? C'est ça qui vous intéresse? Vous voulez avoir des drames humains, c'est ça qui vous excite un peu? Vous voulez avoir des beaux articles là-dessus?

«Moi, je préfère parler de la compétence des gens. (...) Si c'est un concours de démotion, je ne joue pas à ce jeu-là. Moi je joue à la construction», a-t-il poursuivi, visiblement contrarié.

Mercredi, M. Couillard a élargi son conseil des ministres, accueillant six recrues et modifiant les responsabilités de neuf autres ministres. Il a vanté la jeunesse et l'expérience de son équipe, la meilleure, selon lui, pour affronter les «bouleversements mondiaux».

N'empêche, la grande majorité des ministres du gouvernement Couillard ont gardé les mêmes fonctions. C'est le cas notamment de Gaétan Barrette à la Santé, de Sébastien Proulx à l'Éducation et de Carlos Leitao aux Finances.

Selon le Parti québécois (PQ), l'action des libéraux ne changera pas, car 92 pour cent du budget du gouvernement demeure entre les mêmes mains.

M. Couillard s'est défendu, jeudi, de porter un jugement sévère sur les médias. Il a dit «sourire en coin» lorsqu'il lit des articles.

«C'est comme si l'index était: «Fais mal à quelqu'un, ça nous fait des bons articles. Enlève un ministre. Si tu n'enlèves pas de ministres, ce n'est pas bon». Ben voyons! Qu'est-ce que c'est que cette histoire?»

Il a par la suite enjoint les journalistes à porter plus attention à ce que le gouvernement «amène de nouveau, ce qui est en cours, ce qui est bien».

«Je pense que l'ensemble de l'oeuvre a rarement été aussi importante», a-t-il affirmé.

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