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Madrid lance un ultimatum à la Catalogne

Si Carles Puigdemont confirme sa position sur sa déclaration d'indépendance, Madrid lui accordera un délai supplémentaire pour faire machine arrière.

11/10/2017 12:58 EDT | Actualisé 13/10/2017 13:29 EDT

Les autorités espagnoles ont donné cinq jours au chef séparatiste catalan pour préciser si ses propos ambigus sur la sécession étaient une déclaration d'indépendance, prévenant que sa réponse déterminera si Madrid appliquera des pouvoirs constitutionnels jamais utilisés pour restreindre l'autonomie de la région.

Le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a ajouté mercredi que la réponse du gouvernement catalan à l'ultimatum serait cruciale pour les "événements des prochains jours".

Le président catalan Carles Puigdemont a annoncé mardi qu'à la suite de la victoire du "oui" lors du référendum du 1er octobre, déclaré illégal par Madrid, il procédait à une déclaration d'indépendance, mais qu'il la suspendait pour plusieurs semaines afin de faciliter les négociations avec le gouvernement central espagnol.

Sa position équivoque semblait destinée à apaiser les séparatistes les plus fervents, mais aussi à rassembler des appuis, aussi bien en Catalogne qu'à l'étranger, en entraînant une autre réponse corsée du gouvernement Rajoy. La police espagnole a eu recours à la force pour tenter de mettre fin au vote référendaire, et les images des violences ont suscité une vague de sympathie envers les indépendantistes.

"Imposer l'indépendance"

En s'adressant au Parlement espagnol mercredi, Mariano Rajoy a déclaré que le référendum catalan, organisé en violation d'une ordonnance judiciaire, était illégal et s'inscrivait dans une stratégie "d'imposer l'indépendance que peu souhaitent et qui n'est bonne pour personne".

La crise qui s'est ensuivie est "l'une des périodes les plus difficiles de notre histoire récente", a-t-il dit.

Le refus des dirigeants catalans de faire marche arrière ou de fournir une réponse claire conduira Madrid à invoquer l'article 155 de la Constitution espagnole, qui permet au gouvernement central d'exercer un contrôle partiel ou total sur n'importe laquelle des 17 régions du pays si elles ne s'acquittent pas de leurs obligations juridiques.

Le chef de l'opposition espagnole, le socialiste Pedro Sanchez, a annoncé mercredi que sa formation et celle de M. Rajoy s'étaient entendues pour entamer, dans six mois, des négociations afin de réformer la Constitution, "pour que la Catalogne demeure au sein de l'Espagne". La réforme porterait entre autres sur le régime qui gouverne les 17 régions espagnoles.

Quelque 2,3 millions de Catalans ont participé au référendum sur l'indépendance du 1er octobre, ce qui correspond à un taux de participation de 43 pour cent. Les dirigeants catalans ont annoncé que 90 pour cent des participants avaient voté pour l'indépendance.

Il s'agit de la pire crise politique à secouer l'Espagne depuis des décennies.