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La CSN cherche des sonneurs d’alerte au CHUM

La CSN réclame que la gestion des bâtiments du CHUM et du CUSM soient remis au public immédiatement.

10/10/2017 12:55 EDT | Actualisé 10/10/2017 19:38 EDT
Olivier Robichaud

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) est à la recherche de sonneurs d'alerte prêts à lui couler de l'information sur les extras facturés au public par les consortiums responsables de la construction et de l'entretien des deux mégahôpitaux universtaires, le CHUM et le CUSM, ainsi que sur les vices de construction et les malfaçons.

Les deux hôpitaux ont été construits en mode partenariat public-privé. Les constructeurs sont donc propriétaires du bâtiment et en conservent la gestion jusqu'en 2034. D'ici-là, l'entretien est assumé par les deux consortiums, soit Construction Santé Montréal (CSM) dans le cas du CHUM et Groupe immobilier Santé McGill (GISM) pour le CUSM.

Or, depuis l'ouverture du CUSM en 2015, divers reportages ont fait état de différents entre le gouvernement et les constructeurs. Selon un reportage du Journal de Montréal, Québec refuse de payer 9 M$ sur une facture de 30 M$ réclamée par GISM.

La CSN accuse les consortiums responsables du CHUM et du CUSM de facturer des travaux qui pourraient être considérés comme de l'entretien normal. Elle estime que le gouvernement n'aurait pas dû faire construire les hôpitaux en mode partenariat public-privé (PPP).

«Le bureau de plusieurs commis est installé de façon à ce que les employés font dos à l'ascenseur, ce qui crée des problèmes pour la sécurité [...]. En temps normal, quand on n'est pas en mode PPP, c'est simple. On fait venir deux journaliers et le bureau est réinstallé en quelques minutes. [...] En mode PPP, déplacer un bureau ce n'est pas de l'entretien normal, ce n'est pas couvert par le 11 M$ de loyer mensuel», affirme Claude Talbot, président du syndicat des employés du CHUM affilié à la CSN.

Selon M. Talbot et d'autres porte-parole de la CSN, les hôpitaux doivent négocier des prix avec le consortium chaque fois qu'un tel écueil se produit.

La CSN craint également de trouver des vices cachés tant au CHUM qu'au CUSM. Déjà, les travaux additionnels nécessaires au CUSM ont défrayé les manchettes. Le système de ventilation du bloc opératoire a dû être remplacé parce qu'il ne répond pas aux normes. GISM estime qu'il s'agit d'un ajout au contrat et souhaite facturer le gouvernement pour les travaux de 5 M$, selon le Journal de Montréal.

La centrale syndicale réclame que le gouvernement rachète immédiatement les deux hôpitaux. Selon l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques, cette option coûterai entre 500 M$ et 1 G$, mais pourrait engendrer des économies éventuelles de 4 G$.