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Chelsea Manning dit avoir «peur», mais veut se «battre»

L'ancienne analyste de l'armée américaine est sortie de prison en mai.

08/10/2017 16:11 EDT | Actualisé 08/10/2017 16:11 EDT
Heidi Gutman/ABC via Getty Images

L'ancienne informatrice de WikiLeaks Chelsea Manning a expliqué dimanche avoir "peur" depuis sa sortie de prison en mai, mais qu'elle entendait se "battre" sur plusieurs fronts, notamment pour les droits des personnes transgenres.

"J'ai peur. Mais si je suis ici, c'est parce que j'ai peur", a expliqué l'ancienne analyste de l'armée américaine lors d'une intervention dans le cadre du festival du magazine The New Yorker, à New York.

"Des gens m'ont dit: 'peut-être que tu ne devrais pas prendre autant la parole publiquement'. Et c'est pour ça que je le fais", a expliqué celle qui reste légalement une soldate de l'armée américaine, dans l'attente de l'examen de l'appel de sa condamnation. "Je ne pourrais pas imaginer faire autre chose aujourd'hui."

Condamnée en 2013 par une cour martiale à 35 ans de réclusion pour avoir transmis à WikiLeaks plus de 700 000 documents confidentiels relatifs aux guerres d'Irak et d'Afghanistan, Chelsea Manning a passé sept ans en prison (dont 3 de détention provisoire) avant que sa peine ne soit commuée par l'ancien président Barack Obama.

"Je pensais que les choses redeviendraient normales", a-t-elle expliqué au sujet de sa sortie de prison. "J'avais cette image de retrouver ma vie d'avant. Mais ce n'est pas possible. Et je réalise aujourd'hui que ce n'est pas une mauvaise chose."

"Les choses font vraiment peur aujourd'hui et je ne veux pas prendre ma retraite", a-t-elle ajouté.

La jeune femme qui fêtera ses trente ans le 17 décembre est née garçon, avec le prénom Bradley, et a effectué sa transition pour devenir Chelsea, une fille, une fois en détention.

Sept ans après avoir plongé les États-Unis dans l'embarras en faisant notamment fuiter plus de 250 000 câbles diplomatiques, elle estime que l'État use trop systématiquement du secret.

"Cette excuse de dire 'ça protège ceci ou cela' est tellement utilisée (par le gouvernement) comme un bouclier, qui devient de plus en plus grand, et de plus en plus inquiétant", a alerté la native de l'Oklahoma (sud).

"Où devrait se trouver la limite (du secret)? Je pense que c'est à nous d'en décider, pas au gouvernement", a-t-elle fait valoir.

Elle a également exhorté le grand public à se saisir davantage de la question de la protection des données personnelles sur internet.

"Nous comprenons" que beaucoup de nos données personnelles circulent sur internet hors de notre contrôle, a-t-elle dit. "Nous espérons que quelqu'un va régler le problème pour nous, mais personne ne va le régler pour nous."

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