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Des carcasses et têtes d'orignaux abandonnées en Côte-Nord

«Ce ne sont pas des chasseurs, mais des barbares.»

06/10/2017 10:30 EDT | Actualisé 06/10/2017 13:36 EDT

Attention, les images ci-dessous pourraient choquer certaines internautes.

EXCLUSIF — Alors que la saison de chasse bat son plein au Québec, des carcasses et des têtes d'orignaux ont été abandonnées sur le bord du chemin et en forêt, en Haute-Côte-Nord.

Des bêtes dépecées, des gibiers démembrés avec la tête coupée et des squelettes découpés laissant des os éparpillés au sol ont été laissés à l'abandon, fort probablement par des chasseurs insouciants de l'environnement.

Stéphane Tremblay

Ce qui semble difficile à comprendre puisque ces chasseurs auraient pu jeter leurs carcasses dans des conteneurs spécialement aménagés pour la chasse par le Service de gestion des matières résiduelles de la MRC Haute-Côte-Nord.

''Malgré que nous donnons les sacs de poubelle, il y a des gens qui ont trouvé le moyen d'abandonner leurs déchets par terre'', déplore Marie-Lyse Bouchard, agente aux communications du Service de gestion des matières résiduelles de la MRC Haute-Côte-Nord.

Certains chasseurs dénoncent le manque de conteneurs de chasse, où ils peuvent déposer ces déchets encombrants. ''C'est notre erreur'', admet d'emblée Mme Bouchard.

C'est que cette année, les chasseurs peuvent abattre un mâle, une femelle ou un veau, alors que l'an passé seuls les mâles avec leurs panaches pouvaient être abattus.

''Nous avions des bacs de 1100 litres l'année dernière, mais c'était trop pesant et les bacs se brisaient. Cette année, nous avons opté pour des bacs de 360 litres, plus petits, plus résistants et surtout moins chers. Nous allons revoir notre façon de faire l'an prochain en prenant en considération qu'il y a plus de bêtes tuées quand la chasse est ouverte au grand complet, et pas seulement les mâles'', reconnaît la responsable des communications du Service de gestion des matières résiduelles de la MRC Haute-Côte-Nord.

Stéphane Tremblay

Devant ce comportement indiscipliné de certains chasseurs qui ont abandonné leurs résidus sans sac à l'air libre, le point de service de la zec Nordique a été fermé cette semaine. ''Nous avons dû embaucher des services professionnels de l'extérieur pour ramasser toutes ces cochonneries. Deux de nos employés ont même eu des haut-le-cœur en récupérant les carcasses. Et ce sont encore l'ensemble des citoyens de la MRC qui payent pour cette facture non prévue'', souligne Mme Bouchard, qui précise que quatre autres points de services sont ouverts pour les chasseurs, soient ceux de Sacré-Cœur, Essipit, Longue-Rive et Portneuf-sur-Mer.

''Celui de la zec Nordique état le seul qui était sans surveillance. J'ai bien peur d'avoir de mauvaises surprises, mardi, alors que la chasse sera terminée. J'ose espérer que je suis dans l'erreur et que les gens seront civilisés et ne se débarrasseront pas dans la nature de leurs déchets sachant que ce point de collecte est fermé'', souligne Mme Bouchard.

Des chasseurs choqués

Les images dégoûtantes de ces carcasses et têtes d'orignaux ont été publiées sur les médias sociaux. Les réactions sont vives.

''Ce ne sont pas des chasseurs, mais des barbares'', lance vigoureusement Marie-Ange Canapé de Pessamit, une réserve autochtone située à mi-chemin entre Forestville et Baie-Comeau.

Un autre Innu de Pessamit, Mathieu Vachon, parle de ''gaspillage de viande''.

''Totalement inacceptable et triste'', ajoute Tracy Cleary.

''Ne vendez plus de permis de chasse à ces chasseurs'', renchérit Jean-Hugues Fontaine.

Une tête écrasée

Stéphane Tremblay

Toujours sur la Haute-Côte-Nord, d'autres chasseurs ont également abandonné leurs carcasses en forêt à proximité de campements de chasse. Ces photos, notamment d'un crâne écrasé laissé au milieu d'un chemin forestier, font aussi réagir sur le web.

''Moi aussi je suis capable d'aller porter mes déchets dans la cour de mon voisin. C'est un manque de savoir-vivre'', lance ouvertement Kathy Lavoie, une chasseuse fière d'avoir ramené un ''trophée'' à la maison cette année.

Stéphane Tremblay

''J'aimerais bien voir la face du gars en se levant le matin avec ses carcasses dans sa cour'', écrit Sophie Tremblay.

''Un peu plus et les restants de l'animal était sur la 138 (il s'agit du seul lien routier reliant la Côte-Nord au reste du Québec). C'est quelque chose que je ne peux pas tolérer'', exprime Jimmy Emond.

Guylaine Lepage, elle, y voit là un comportement dangereux. ''C'est une belle façon d'attirer les ours et les loups. Il y a du monde qui ne pense pas avant d'agir''.

Le ministère de la Faune demande aux chasseurs de ne pas se départir n'importe comment, surtout n'importe où, de ces carcasses d'animaux. Du même souffle, les agents de la Faune affirment qu'il n'existe pas nécessairement de règlement provincial pour éviter ce genre de situation.