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Ottawa dévoile sa stratégie de prévention du suicide au sein de l'armée

Le gouvernement fédéral s'engage à améliorer les services et le soutien destinés aux militaires et vétérans afin de lutter contre le suicide.

05/10/2017 19:00 EDT | Actualisé 05/10/2017 19:00 EDT
Oleg Zabielin

Le gouvernement fédéral s'engage à améliorer les services et le soutien destinés aux militaires et vétérans afin de lutter contre le suicide dans les rangs de l'armée.

Ses initiatives sont détaillées dans la nouvelle stratégie de prévention du suicide, dévoilée jeudi, sur fond d'inquiétudes quant au nombre de vétérans et de membres du personnel militaire s'étant enlevé la vie dans les dernières années.

Parmi eux figure le caporal à la retraite Lionel Desmond, un vétéran de la guerre en Afghanistan qui avait demandé des soins pour un trouble de stress post-traumatique avant qu'il ne tue trois membres de sa famille et se suicide, en janvier, en Nouvelle-Écosse.

La stratégie canadienne expose que s'il est «impossible de prévenir chaque suicide», on peut en réduire les risques et «instaurer des facteurs de protection, du soutien et de la résilience chez nos camarades et nos proches».

Cette stratégie est le fruit d'un rare niveau de coopération entre les Forces armées canadiennes (FAC) et le ministère des Anciens Combattants, avec un souci tout particulier pour transition harmonieuse du service actif vers la vie civile.

Les deux ministères se sont déjà fait reprocher de laisser des militaires passer à travers les mailles du filet à ce moment critique de leur vie.

Les inquiétudes s'articulent tout particulièrement autour des situations où le départ à la retraite est forcé par une blessure physique ou psychologique, comme dans le cas de Lionel Desmond, selon ses proches.

Dépister plus rapidement

La stratégie prévoit une révision des pratiques de recrutement pour dépister dès le début des troubles de santé mentale et des comportements suicidaires, un renforcement de la résilience avant le déploiement et une amélioration de la capacité des FAC à repérer leurs membres en détresse.

Des fonds doivent également être mis de côté pour conduire des recherches sur les causes des suicides et sur des manières de s'assurer que les vétérans et leurs proches obtiennent le soutien nécessaire au moment de leur départ à la retraite.

Plus de 130 militaires en service se sont donné la mort depuis 2010, selon le ministère de la Défense nationale, dont huit entre les mois de janvier et août derniers.

Le taux de suicide au sein des FAC correspond à celui de l'ensemble de la population, mais des études ont démontré que les militaires sont en fait deux ou même trois fois plus à risque — tout particulièrement lorsqu'ils ont été déployés dans des régions où la menace est élevée, comme en Afghanistan.

Les autorités ne disposent pas de données sur le nombre de suicides parmi les vétérans, mais ils seraient encore plus vulnérables que leurs pairs toujours en uniforme. Un rapport à ce sujet est attendu en décembre.

La stratégie a notamment reçu l'appui de la Société canadienne de psychologie, de l'Association canadienne pour la santé mentale et de la Société pour les troubles de l'humeur du Canada.

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