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La journaliste Amanda Lindhout raconte l'horreur de son enlèvement en Somalie

Alors que s'amorçait à Ottawa le procès de l'un de ses ravisseurs allégués.

05/10/2017 18:47 EDT | Actualisé 05/10/2017 18:48 EDT
The Canadian Press
Amanda Lindhout

La journaliste Amanda Lindhout a relaté avec émotion les horreurs de son enlèvement armé en Somalie, jeudi, alors que s'amorçait à Ottawa le procès de l'un de ses ravisseurs allégués.

Mme Lindhout a sangloté en s'approchant du banc des témoins pour décrire son enlèvement par un groupe d'hommes armés et masqués il y a neuf ans, le début de ce qu'elle a appelé 460 jours d'enfer.

La journaliste indépendante de Red Deer, en Alberta, et le photographe australien Nigel Brennan ont été kidnappés près de Mogadiscio en août 2008 au moment où ils travaillaient sur un reportage. Les deux ont été libérés en novembre 2009 en échange d'une rançon.

Ali Omar Ader, un Somalien âgé de 40 ans, a plaidé non coupable à une accusation criminelle de prise d'otage pour son rôle allégué de négociateur.

Il a été arrêté par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à Ottawa en juin 2015. Dans les motions préalables au procès le printemps dernier, il a été indiqué que les agents de la GRC avaient attiré Ali Omar Ader au Canada par l'entremise d'un stratagème élaboré autour de la signature d'une supposée entente pour la publication d'un ouvrage.

La Couronne a affirmé que l'accusé avait admis à deux occasions à des enquêteurs infiltrés qu'il avait été le négociateur dans l'enlèvement et qu'il avait été payé 10 000 $.

Jeudi, Ali Omar Ader était assis sur le banc des détenus à quelques mètres de Mme Lindhout, alors qu'elle peinait à maîtriser ses émotions, aidée par une personne assise derrière elle durant les procédures.

Demande de rançon à la famille

La Couronne allègue que l'accusé était connu des otages sous le nom d'«Adam» et qu'il avait pris part à plusieurs appels téléphoniques avec la mère d'Amanda Lindhout pour demander un paiement en échange de la libération de sa fille.

Mme Lindhout, âgée de 36 ans, a relaté au tribunal avoir été présentée à «Adam», qui était aussi appelé «le commandant».

Sa mère travaillait dans une boulangerie au salaire minimum, et son père était en congé d'invalidité à long terme, poussant Mme Lindhout à dire à ses ravisseurs qu'ils seraient aussi bien de la tuer dès maintenant.

Mme Lindhout a soutenu qu'«Adam» lui avait demandé: «Êtes-vous prête à mourir?»

Elle a déclaré avoir été battue et agressée sexuellement à répétition durant sa captivité. Elle aurait été transférée dans 13 endroits différents, souvent dans des conditions répugnantes. À un certain moment, des rats se traînaient sur tout son corps, a-t-elle affirmé au tribunal.