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Battu en cellule, un homme lié aux motards poursuit la Sûreté du Québec pour 635 000 dollars

Parce qu'il dit avoir été «sauvagement battu» par un policier alors qu'il était en cellule.

05/10/2017 18:19 EDT | Actualisé 05/10/2017 18:19 EDT
Getty Images/iStockphoto

Un homme qui aurait été lié au groupe criminel des Rock Machine poursuit la Sûreté du Québec (SQ) pour 635 000 $ parce qu'il dit avoir été «sauvagement battu» par un policier alors qu'il était en cellule.

Jean-François Émard allègue dans sa poursuite avoir été attaqué par le policier Bruno Landry le 5 octobre 2014 à Valleyfield.

Il soutient n'avoir jamais été examiné ni traité, malgré des blessures apparentes et des demandes répétées de sa part.

Et par la suite, les policiers ont tenté de cacher l'attaque en omettant de la mentionner dans leur rapport, soutient-il.

La poursuite a été déposée au palais de justice de Montréal mardi. Elle vise aussi le policier Landry, le ministère de la Sécurité publique et la procureure générale du Québec.

Jean-François Émard s'était retrouvé en cellule en octobre 2014 après avoir été intercepté pour une infraction au Code de la sécurité routière. Il fut par la suite arrêté pour possession de stupéfiants et conduit au poste de la SQ de Salaberry-de-Valleyfield.

Alors qu'il était assis sur sa couchette en cellule, il relate que le policier Landry est entré et lui a asséné huit coups de poing sur la tête, en présence d'autres policiers qui ne sont pas intervenus pour l'en empêcher.

«Les policiers impliqués ont agi ainsi car ils ne croyaient pas que le système de surveillance vidéo était en fonction», allègue l'homme dans sa poursuite. La vidéo a depuis été diffusée.

Dans un communiqué transmis jeudi, Jean-François Émard a déclaré que: «Je me suis fait battre (...) pis là tout le monde essaie d'étouffer l'affaire. Une chance qu'il y avait des caméras (...)».

L'homme allègue avoir subi plusieurs préjudices physiques, dont une plaie ouverte de plus de deux pouces à la tête, de forts maux de tête, des étourdissements, des nausées et des pertes de mémoire pour une période d'environ six mois.

Il dit souffrir depuis ce temps d'anxiété importante. En raison de son état psychologique et physique actuel, il affirme qu'il ne pourra plus jamais travailler. De la somme totale réclamée, 300 000 $ sont exigés à titre de dommages punitifs.

Le policier Bruno Landry a plaidé coupable à une accusation criminelle de voies de fait en juin 2016 et obtenu une absolution conditionnelle.

Vu qu'une poursuite judiciaire a été intentée, la SQ n'a pas voulu commenter l'affaire.