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Le FBI entend la petite amie du tueur de Las Vegas

La compagne du tueur de Las Vegas ignorait son projet de fusillade.

04/10/2017 08:19 EDT | Actualisé 04/10/2017 19:29 EDT
Las Vegas Metropolitan Police Department/AP

La petite amie du tueur de Las Vegas Stephen Paddock, de retour mercredi aux États-Unis, était entendue par le FBI pour tenter d'éclaircir le mobile du carnage qui a fait 58 morts et plus de 500 blessés, la fusillade la plus meurtrière de l'histoire des États-Unis.

Dans une Amérique en deuil, émue par les portraits de victimes que les médias commençaient à diffuser, le président Donald Trump est attendu mercredi à Las Vegas pour y rencontrer des blessés ainsi que les forces de l'ordre. Il a qualifié le tueur de "malade" et de "dément".

"Nous allons voir des gens convalescents, certains des survivants. C'est vraiment horrible rien que d'y penser, vraiment horrible", a dit M. Trump mardi soir.

La petite amie du tueur, Marilou Danley, 62 ans, dont l'avion en provenance des Philippines s'est posé à Los Angeles mardi soir, est considérée par le FBI comme un "témoin d'intérêt pour l'enquête" et demeure libre d'aller et venir, ont souligné les médias américains.

Elle se trouvait aux Philippines lorsque Stephen Paddock a ouvert le feu dimanche soir à Las Vegas depuis une chambre d'hôtel dont il avait brisé les vitres sur une foule assistant à un concert en contrebas, puis s'est suicidé avant l'arrivée des policiers.

Les autorités philippines enquêtent sur un virement de 100 000 dollars qu'elle y aurait reçu de la part du tueur. Selon la chaîne américaine NBC News citant des sources policières, il a viré cette somme sur un compte aux Philippines la semaine précédant son crime.

Selon Canberra, Mme Danley est une ressortissante australienne qui a émigré aux États-Unis il y a 20 ans pour travailler dans les casinos. "Il y a des informations selon lesquelles ses papiers d'identité ont servi à réserver l'hôtel ou des détails comme ça", a déclaré mardi la ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop.

Attaque 'préméditée'

Le mystère pèse toujours sur le mobile de Stephen Paddock, comptable retraité de 64 ans habitué des tables de jeux et vivant dans une petite ville tranquille du Nevada.

Interrogé dans la soirée mardi sur un hypothétique lien entre le tireur et le groupe djihadiste État islamique (EI) qui a revendiqué l'attaque, Donald Trump a répondu: "je n'en ai aucune idée". Les autorités américaines n'ont pour l'heure fait état d'aucun lien entre Stephen Paddock et l'EI.

"Nous n'avons encore écarté aucune piste dans cette enquête", a déclaré dans la soirée le shérif adjoint de Las Vegas, Kevin McMahill. Le bilan de 59 morts donné précédemment par la police incluait le tueur.

Une chose est certaine: l'attaque était "évidemment préméditée". "Je suis sûr qu'il avait anticipé tout ce qu'il a fait", a dit le shérif de Las Vegas Joseph Lombardo.

Au total, selon la police, Stephen Paddock aurait tiré entre neuf et onze minutes sur les 22 000 spectateurs du festival en plein air Route 91 Harvest, depuis le 32e étage du Mandalay Bay.

'Loup solitaire'

Inconnu des services de police, il a accumulé dans la plus grande discrétion un arsenal de 47 fusils et armes de poing, selon les derniers chiffres de la police, des explosifs et des milliers de munitions. Pour les enquêteurs, il était un "loup solitaire".

Selon NBC News, outre le virement de 100 000 dollars aux Philippines, le tueur avait parié 160 000 dollars dans des casinos ces dernières semaines.

Stephen Paddock était arrivé jeudi dernier à l'hôtel Mandalay Bay où il avait réservé une suite surplombant le festival, à quelques centaines de mètres. Il y a discrètement apporté ses armes sans que les employés s'en aperçoivent.

Les policiers ont également découvert des armes à feu à son domicile de Mesquite (environ 120 km de Las Vegas) ainsi que des explosifs et des milliers de balles. Dans son véhicule, ils ont trouvé du nitrate d'ammonium, engrais qui peut servir à fabriquer des explosifs.

Comme lors de précédentes fusillades, le débat sur les ventes d'armes a été relancé par les démocrates. Au Congrès, la majorité républicaine a indiqué que ce n'était pas à l'ordre du jour.