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Présidente malgré elle, Karen Vecchio dirigera le comité de la condition féminine

L'élue conservatrice a voté contre sa propre candidature.

03/10/2017 11:59 EDT | Actualisé 03/10/2017 14:07 EDT
Sean Kilpatrick/CP

Les conservateurs cèdent devant l'insistance des libéraux et des néo-démocrates et acceptent qu'une des leurs qui ne s'oppose pas au droit à l'avortement préside le comité parlementaire de la condition féminine.

La semaine dernière, malgré un boycott des libéraux et des néo-démocrates du comité, le chef conservateur Andrew Scheer avait maintenu la candidature de sa députée Rachael Harder qui, tout comme lui, s'oppose au droit des femmes à l'avortement.

Les règles veulent que ce soit l'opposition officielle qui préside ce comité parlementaire.

Mardi matin, une semaine après leur premier coup d'éclat, libéraux et néo-démocrates ont changé de tactique.

Comme ils sont majoritaires, ils ont voté contre l'élection de Mme Harder. Puis ils ont nommé, malgré elle, une autre élue conservatrice, Karen Vecchio. Ils l'ont élue présidente alors qu'elle-même votait contre sa propre candidature.

En début d'après-midi, les conservateurs baissaient les bras, non sans envoyer une dernière salve.

"Les conservateurs acceptent la volonté démocratique du comité et, contrairement à Justin Trudeau, nous nous engageons à travailler au nom de toutes les femmes du Canada, peu importent leurs convictions", ont déclaré, dans un communiqué signé conjointement, Mmes Harder et Vecchio.

Mme Harder demeure la porte-parole de son parti en matière de condition féminine.

Selon le site Campaign Life Coalition, un groupe qui s'oppose au droit à l'avortement, les votes passés de Mme Vecchio l'identifient comme étant "en faveur de l'euthanasie", "en faveur de l'idéologie transgenre" et "à l'opinion inconnue sur l'avortement".

Celles qui ont mené cette petite guerre sont convaincues que les travaux du comité ne souffriront pas de cette embrouille.

"Absolument que nous pouvons encore fonctionner" a assuré Pam Damoff, la vice-présidente libérale du comité, en entrevue téléphonique après les événements du matin.

"Et je suis heureuse d'apprendre que le chef de l'opposition a choisi quelqu'un qui est plus représentatif des opinions de tous les Canadiens", a-t-elle ajouté, omettant le fait que les efforts libéraux et néo-démocrates ont forcé la main de M. Scheer.