DIVERTISSEMENT

Patrick Huard et Michel Côté s’emparent du box-office québécois

Le cinéma québécois au top du palmarès.

03/10/2017 19:24 EDT | Actualisé 03/10/2017 19:24 EDT
Ismaël Houdassine

On croyait le cinéma québécois au bord de la syncope, le public se faisant de plus en plus rare pour aller voir les productions d'ici. Mais les sorties en salle de De père en flic 2 et Bon Cop, Bad Cop 2 viennent de redonner du tonus au box-office national. Le HuffPost Québec s'est entretenu avec Patrick Huard et Michel Côté, les deux acteurs-vedettes en partie responsables de cette embellie.

Le cinéma québécois au top du palmarès, devant les superproductions hollywoodiennes comme Wonder Woman, Les Gardiens de la galaxie 2 ou Détestable-moi 2. Non, vous ne rêvez pas. Durant la belle saison, notre 7e art a retrouvé le chemin du succès en récoltant 17,9 % des parts de marché. Du jamais vu depuis 2005. En entrevue la semaine dernière, les deux interprètes Patrick Huard et Michel Côté ont parlé d'une même voix.

«On a annoncé plusieurs fois la mort du cinéma québécois, et on trouve cela très dangereux, car ça n'a jamais été vrai», ont lancé les acteurs lors d'une rencontre organisée dans les bureaux du distributeur Les Films Séville.

Les chiffres, rendus publics par l'agence Cinéac, leur donnent plutôt raison. Depuis leur sortie, Bon cop, Bad Cop 2 et De père en flic 2 ont amassé presque douze millions de dollars. Des recettes faramineuses si on les compare aux années précédentes. «Les gens sont toujours ravis d'aller au cinéma, a précisé Huard, mais il ne faut pas faire la charité pour forcer les gens à aller voir nos films. Le public veut de bonnes histoires et c'est à nous de leur en proposer.»

Davantage de films made in Québec

Bien qu'il n'existe aucune recette au succès, Michel Côté a bien compris qu'un bon investissement dans la formation des scénaristes permettra une meilleure qualité des œuvres. «À chaque essai, on n'a pas le choix de faire preuve d'inventivité. Même si elle est subventionnée, notre industrie du cinéma est rentable. Elle fait travailler des milliers de personnes. On ne fait rien à perte. Toutefois, par manque de moyen ou de volonté, on sacrifie chez nous un nombre hallucinant de talents.»

Même son de cloche chez Patrick Huard qui ajoute qu'avec aussi peu de productions chaque année, le cinéma populaire est condamné au succès. «Et l'on se fait pointer du doigt si l'on n'y arrive pas. Avec Bon Cop, Bad Cop 2, j'avais l'impression que je n'avais pas le droit à l'erreur. J'ai vécu beaucoup de stress et je suis aujourd'hui soulagé que le film ait aussi bien fonctionné. Je crois qu'il faut davantage de longs métrages made in Québec, tous genres confondus. On en fait seulement trente par année, ce n'est pas suffisant.»

La diversité au cinéma est importante, mais il faut aider les jeunes créateurs à ne pas avoir honte de faire du populaire, poursuit Huard. «C'est très difficile de faire rire. Personne ne décide qui va rire en voyant une comédie. Si la joke ne passe pas, tu le sais tout de suite. Et puis, il faut ajouter que la réalisation de film de genre ou d'action coûte cher. Le gouvernement doit augmenter les enveloppes budgétaires afin d'offrir des créations qui se tiennent debout.»

Le DVD (et Blu-Ray) de Bon Cop Bad Cop 2 sortira le 10 octobre.

Pour De père en Flic 2, les salles de cinéma proposent jusqu'au 5 octobre deux billets pour le prix d'un.