POLITIQUE

Des premiers ministres des provinces opposés à la réforme fiscale

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, est quant à lui demeuré muet.

03/10/2017 13:02 EDT | Actualisé 03/10/2017 13:04 EDT

La réforme fiscale du gouvernement Trudeau est loin de faire l'unanimité auprès des provinces. Certains premiers ministres ont déjà signalé leur désaccord avant le début de leur rencontre à Ottawa mardi.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, croit que le gouvernement fédéral doit carrément faire marche arrière. Il estime que la façon dont elle a été présentée est irrespectueuse envers les entrepreneurs.

«Le dialogue est malsain et il est blessant, a-t-il affirmé. Sinon, comment expliquer que l'optimisme des entrepreneurs ait diminué en même temps dans les dix provinces?

«Ce sont des propositions qui n'aident pas. Elles créent de l'incertitude et l'incertitude n'est pas une bonne chose lorsque l'on tente d'attirer des investisseurs.»

Sa voix s'ajoute à celle de ses homologues de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador qui ont déjà critiqué la réforme du ministre fédéral des Finances, Bill Morneau.

Plus nuancé, le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, a dit espérer qu'Ottawa trouve le bon équilibre entre les inquiétudes des entrepreneurs et celles d'autres contribuables qui demandent une meilleure équité fiscale.

«J'ai entendu les petits entrepreneurs en Colombie-Britannique exprimer leurs inquiétudes. J'ai aussi entendu des citoyens qui tentent de comprendre comment une personne qui fait un revenu de 250 000 $ ou plus ne paie pas d'impôt, a-t-il dit. Le ministre des Finances doit trouver le bon équilibre.»

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, est quant à lui demeuré muet, choisissant de ne pas s'arrêter pour parler aux journalistes au lendemain de la défaite de son parti dans la circonscription de Louis-Hébert.

Bill Morneau doit présenter les grandes lignes de sa réforme fiscale aux premiers ministres durant la rencontre.

Il a répété à plusieurs reprises qu'elle vise à mettre fin aux avantages fiscaux utilisés injustement par de riches propriétaires d'entreprises en empêchant la création de sociétés privées dans le strict but d'économiser de l'impôt.

Cette pratique de plus en plus répandue permet aux entrepreneurs et à certains professionnels de fractionner leur revenu entre les membres de leur famille même si ceux-ci ne travaillent pas pour eux.

Sa réforme fiscale présentée à la mi-juillet suscite de la grogne parmi les propriétaires de petites et moyennes entreprises (PME), les agriculteurs et chez certains professionnels comme les médecins.

Le gouvernement Trudeau est engagé dans une guerre de communication avec l'opposition conservatrice qui estime que les petits entrepreneurs et les agriculteurs sont visés injustement.

Le chef conservateur, Andrew Scheer, estime que le gouvernement devrait allonger la période de consultation qui s'est terminée lundi pour leur permettre de se faire entendre.

«C'est simplement une question de respect pour les gens qui travaillent fort pour créer des emplois et contribuer à leur communauté, a-t-il indiqué lors d'un discours à la Chambre des communes, mardi. Il est temps que le gouvernement commence à manifester aux entreprises locales le respect qu'elles méritent.»

Bill Morneau a signalé la semaine dernière qu'il serait prêt à apporter des modifications à sa réforme fiscale. Il a également précisé qu'elle ne visait pas les sommes qui sont réinvesties dans les entreprises et qu'elle n'empêcherait pas le transfert des fermes familiales d'une génération à l'autre.

Mylène Crête, La Presse canadienne

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