BIEN-ÊTRE

Un mannequin perd une partie de sa vision après un tatouage du globe oculaire

On voit ça d'un mauvais oeil!

02/10/2017 15:00 EDT | Actualisé 02/10/2017 15:12 EDT

Des professionnels de la santé et des tatoueurs disent que le tatouage du globe oculaire, qui a récemment mis la vision d'une femme d'Ottawa en jeu, est en hausse malgré les nombreux risques qui y sont associés.

Les ophtalmologistes et les studios de tatouage dénoncent la pratique, disant qu'il est très difficile de la rendre sécuritaire.

Malgré tout, ils notent une demande accrue pour cette forme extrême de modification corporelle, qui implique l'injection d'encre dans le blanc des yeux.

Un mannequin alternatif dit avoir appris à la dure les risques de la procédure.

Catt Gallinger affrime qu'elle a récemment permis à quelqu'un de teindre le blanc de son oeil droit violet, mais qu'elle a depuis développé des complications majeures.

JUSTIN TANG/THE CANADIAN PRESS
Catt Gallinger, qui a eu une injection d'encre bâclée dans son globe occulaire, montre l'englure dans son oeil chez elle à Ottawa le 29 septembre.

Gallinger a maintenant perdu une partie de sa vision dans son oeil droit et fait face à la perspective de vivre avec des dommages irréversibles.

«La situation a un gros impact sur ma santé mentale», dit-elle dans une entrevue téléphonique. «À ce moment-ci, chaque jour est différent. Si certains jours, je me sens mieux, d'autres, j'ai le goût de tout laisser tomber.»

Gallinger dit qu'elle a longtemps été intéressée par la modification corporelle, et surtout par le tatouage du blanc de son oeil, techniquement connu comme la sclérotique. Mais elle dit qu'elle a fait le grand saut sans se renseigner adéquatement sur la procédure.

Si elle l'avait fait, les professionnels de la santé et du tatouage disent qu'elle aurait trouvé beaucoup de preuves décourageant la pratique qui est devenue populaire parmi les adeptes des modifications corporelles dans les dernières années.

JUSTIN TANG/THE CANADIAN PRESS
Catt Gallinger, qui a eu une injection bâclée dans l'oeil, essuie son oeil dans sa salle de bains à Ottawa le 29 septembre 2017.

L'ophtalmologiste Dr. Setareh Ziai, basée à Ottawa, dit qu'elle a d'abord entendu parler des tatouages sclérotiques en tant que phénomène rare il y a environ 10 ans, mais dit qu'elle entend maintenant parler de cas à travers le Canada sur une base mensuelle.

Si les ophtalmologues utilisent parfois de l'encre de tatouage à des fins médicales, pour réduire par exemple l'éblouissement ou la cicatrisation cornéenne, la médecin affirme que le type de procédure que Gallinger a subi est très différent de celles qui sont approuvées par le corps médical.

Les ophtalmologues utilisent de l'encre et l'injectent dans la cornée en salle d'opération en utilisant du matériel stérile, dit Ziai, ajoutant que la plupart des tatouages sclérotiques sont faits avec une seringue régulière qui vient injecter de l'encre sous la conjonctive.

La zone sous la conjonctive contient des vaisseaux sanguins, dit elle, ce qui veut dire que l'encre peut traverser l'oeil et poser un plus grand risque à l'organe. Les conséquences immédiates de l'injection incluent la cécité, tandis que les risques à long terme incluent des cataractes et des infections sévères, explique-t-elle.

Aucune recherche faite sur l'impact à long terme

Le plus alarmant selon Dr. Ziai est le fait que les chercheurs n'ont pas encore compris les effets à long terme de cette procédure.

«Que va-t-il se passer quand ces teintures vont migrer à différentes parties de l'oeil ou du corps?» dit-elle. «Est-ce qu'il y a des risques reliés au cancer? De l'inflammation qui persiste? On en a aucune idée. Donc, même si la procédure se passe bien, on ne sait pas ce qui va se passer dans 3, 5 ou 10 ans.»

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