POLITIQUE

Neutralité religieuse: Jagmeet Singh change d'avis

Il ne contestera pas le projet de loi sur la neutralité religieuse de l'État après son adoption par l'Assemblée nationale.

02/10/2017 17:40 EDT | Actualisé 03/10/2017 07:36 EDT

Jagmeet Singh ne contestera pas le projet de loi sur la neutralité religieuse de l'État après son adoption par l'Assemblée nationale.

«Je pense que ce n'est pas mauvais de changer d'avis», a affirmé le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), lundi, lors de sa première mêlée de presse avec les journalistes au parlement.

Celui qui a succédé dimanche à Thomas Mulcair est ainsi revenu sur la position qu'il avait exprimée lors de la course à la direction.

«Ce n'est pas dans notre juridiction de faire ça, a-t-il expliqué. On a toujours les lois qui existent qui vont protéger les droits de la personne, donc on n'a pas besoin de faire ça.»

M. Singh, un sikh qui porte le turban et le kirpan, avait affirmé durant la course à la direction qu'il appuierait une contestation du projet de loi 62 du gouvernement du Québec s'il était adopté. Il avait par la suite précisé qu'il n'irait pas jusqu'à financer une telle contestation avec l'argent du fédéral.

Plus tôt dans la journée, l'ex-députée néo-démocrate Françoise Boivin invitait M. Singh à nuancer cette position qui contrevenait, à son avis, aux principes de la Déclaration de Sherbrooke adoptée par le NPD en 2005 sur la place du Québec au sein de la fédération canadienne.

Elle a rappelé que durant la dernière campagne électorale fédérale, le NPD avait chuté dans les sondages après que Thomas Mulcair eut donné son appui au port du niqab lors des cérémonies de citoyenneté.

«À partir du moment où il y a eu ce flou artistique sur la question du niqab, on a vu nos appuis fondre comme neige au soleil», a-t-elle rappelé en entrevue.

«Alors, il y a cet inconfort-là du Québec vis-à-vis les signes religieux dans la sphère publique auquel Jagmeet Singh va être confronté.»

Elle craint que son parti ne sacrifie ses sièges au Québec sous la gouverne de Jagmeet Singh, qui est originaire de l'Ontario.

Des militants du parti et le député Pierre Nantel avaient eux aussi exprimé des craintes quant à l'élection de M. Singh durant la course à la direction, M. Nantel allant jusqu'à dire il y a quelques semaines que les signes religieux étaient incompatibles avec ce que les Québécois désiraient voir chez leurs politiciens.

M. Nantel a félicité M. Singh pour sa victoire dimanche par l'entremise de Twitter, mais il ne l'a toujours pas commentée publiquement.

Les deux hommes ont brièvement discuté après la période des questions lundi.

Un cadeau pour le Bloc québécois?

Le Bloc québécois voit dans l'élection de M. Singh une opportunité de reconquérir le terrain perdu lors de la dernière élection fédérale. Le parti compte présentement dix sièges à la Chambre des communes.

«Quelqu'un qui n'est pas en faveur de la laïcité de l'État, ça ne peut pas fonctionner», a signalé le chef parlementaire du Bloc québécois, Xavier Barsalou-Duval.

«Quand on parle de services publics à visage découvert, il me semble que c'est le minimum du minimum. Quand on s'oppose à ça, je ne vois pas comment on peut connecter avec les Québécois.»

Mylène Crête, La Presse canadienne

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