POLITIQUE

Heures supplémentaires des infirmières en hausse, Barrette veut plus de temps complet

Le message du ministre Barrette ne passe pas auprès des directions des Centres intégrés de santé et de services sociaux.

02/10/2017 16:46 EDT | Actualisé 02/10/2017 16:46 EDT
The Canadian Press Images

Les pics d'heures supplémentaires effectuées par les infirmières à des périodes inhabituelles de l'année ne sont que «circonstanciels» et le ministre Gaétan Barrette assure qu'il a donné la consigne aux établissements d'ouvrir davantage de postes à temps complet pour régler le problème.

Grâce à des demandes d'accès à l'information, La Presse canadienne a révélé que les heures supplémentaires effectuées par les infirmières et les infirmières auxiliaires étaient en augmentation à des périodes inhabituelles de l'année, dans plusieurs Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS), notamment l'hiver dernier.

Habituellement, c'est l'été, durant les vacances, que les heures supplémentaires sont plus fréquentes, à cause des besoins en remplacement.

Au CISSS de Lanaudière, par exemple, on est passé de 5700 heures supplémentaires pour les infirmières seulement, du 16 octobre au 12 novembre 2016, à près de 7899 du 8 janvier au 4 février 2017. Pour les infirmières auxiliaires, la hausse est encore plus marquée: de 3287 heures supplémentaires à 6213 pour la même période.

Le CISSS la Montérégie-Centre est passé de 6735 heures supplémentaires pour les infirmières à 13 323.

Le CISSS de la Mauricie-Centre-du-Québec est passé de 9732 heures supplémentaires pour les infirmières à 17 388.

«Il y a un enjeu de postes à temps plein. Et ça, c'est quelque chose que j'ai demandé au réseau de régler. Je vise à ce qu'il y ait de plus en plus de postes à temps plein qui soient offerts dans le réseau à toutes les catégories d'emplois, tout comme j'ai demandé au réseau de changer leurs façons de faire en termes de stabilité des postes», a affirmé le ministre Barrette, lorsqu'interrogé à ce sujet, dans le cadre d'une conférence sur la santé mentale, à Montréal.

«C'est une démarche de réorganisation de l'embauche et de la distribution de la main-d'oeuvre dans l'institution. Ce n'était pas comme ça avant. Jusqu'à ce que j'intervienne, les postes étaient donnés littéralement au compte-gouttes», a-t-il soutenu.

Le message ne passe pas

Il faut croire que le message du ministre Barrette ne passe pas auprès des directions des CISSS, a répliqué la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ).

«La consigne n'a pas été claire au niveau des établissements. Depuis le mois de juin dernier, on a fait des interventions dans l'ensemble des établissements du réseau pour avoir accès aux données et travailler le plus rapidement possible sur la stabilité des postes, rehausser la structure de postes à temps complet, et on n'a toujours pas ces données-là», a rétorqué le deuxième vice-président de la FIQ, Daniel Gilbert.

La FIQ estime que tant pour limiter le recours aux infirmières provenant des agences de placement que pour limiter le recours aux heures supplémentaires, la solution passe par la stabilisation des équipes de soins et la création de postes à temps complet.

Quant aux CISSS qui rapportent avoir ouvert des postes d'infirmières et d'infirmières auxiliaires depuis ces pics d'heures supplémentaires, M. Gilbert réplique que d'autres gestes doivent être posés.

«Quand on embauche avec une structure de deux jours-semaine au niveau des postes, on n'est pas capable d'avoir une stabilité dans les centres. Et si, aussi, on ne revoit pas l'organisation du travail, pour donner de l'espace à nos infirmières auxiliaires qui peuvent donner un coup de main important au niveau de l'équipe de soins...» a dit le vice-président de la FIQ.

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