POLITIQUE

Cinq choses à savoir sur l'élection partielle dans Louis-Hébert

Le scrutin a lieu lundi.

01/10/2017 15:35 EDT | Actualisé 01/10/2017 15:35 EDT
LA PRESSE CANADIENNE

QUÉBEC — Tous les yeux seront rivés sur la circonscription de Louis-Hébert, lundi, alors que ses quelque 45 000 électeurs choisiront celui ou celle qui remplacera le libéral Sam Hamad.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) espère conserver ce bastion de la région de Québec, tandis que la Coalition avenir Québec (CAQ) demeure confiante de pouvoir le lui arracher.

À ce jour, 15 pour cent des électeurs inscrits ont exercé leur droit de vote; c'est environ 22 pour cent de moins que lors du vote par anticipation des dernières élections générales, en 2014.

Dix candidats se disputent la circonscription, dont Normand Beauregard (Parti québécois), Ihssane El Ghernati (PLQ) et Geneviève Guilbault (CAQ).

Voici cinq choses que vous devez savoir au sujet de cette élection partielle fort attendue:

Faux départ

Rarement a-t-on vu une élection partielle au Québec aussi rocambolesque. Dès l'annonce de sa candidature, le libéral Éric Tétrault, ex-président de Manufacturiers et exportateurs du Québec, a dû défendre ses liens avec l'ex-entrepreneur en construction condamné pour fraude Lino Zambito, Alfonso Gagliano et l'ancien maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille. Il a aussi eu à se défendre d'être parachuté dans le comté.

Puis, revirement complet, une semaine après le déclenchement de l'élection: M. Tétrault et le caquiste Normand Sauvageau jettent tous deux l'éponge, à quelques heures d'intervalle, lorsque des journalistes révèlent qu'ils ont fait l'objet de plaintes pour harcèlement psychologique dans leurs milieux de travail.

M. Tétrault est remplacé au pied levé par Ihssane El Ghernati, une proche collaboratrice de Sam Hamad, tandis que la CAQ jette son dévolu sur Geneviève Guilbault, porte-parole du Bureau du coroner, aujourd'hui enceinte de 27 semaines.

Comté «riche»

Les candidats font campagne depuis un mois dans une circonscription dite aisée, qui comprend les secteurs cossus de Saint-Augustin-de-Desmaures, de Cap-Rouge et de l'ouest de Sainte-Foy. La langue maternelle de 95 pour cent des électeurs est le français. Les électeurs ont en moyenne 42 ans, avec un salaire moyen de 52 000 $; c'est plus que la moyenne québécoise, qui est de 36 000 $, selon le Directeur général des élections (DGEQ).

La congestion routière... l'enjeu numéro un

Le PLQ et la CAQ, qui sont engagés dans une lutte sans merci, proposent tous deux de s'attaquer au problème de la congestion routière dans le secteur, surtout à la tête des ponts. La candidate caquiste veut élargir la route 138 pour améliorer la fluidité de la circulation. La candidate libérale promet entre autres d'améliorer les déplacements dans l'axe des autoroutes Duplessis et Félix-Leclerc, où il y a des développements commerciaux.

Le candidat péquiste a plutôt identifié la santé comme étant un enjeu majeur. Le quart de la population de la circonscription de Louis-Hébert est âgé de plus de 60 ans, a-t-il souligné.

L'usine de peinture Anacolor, qui continue d'indisposer les citoyens avec ses émanations polluantes, a aussi beaucoup fait jaser. Les candidats préconisent le déménagement de l'entreprise et suggèrent qu'elle s'établisse dans un parc industriel.

Ce que l'élection va changer

Selon le chef de la CAQ, François Legault, une victoire de Mme Guilbault lundi signifierait que la CAQ se dirige tout droit vers un «balayage de 80 à 90 comtés au Québec» lors des prochaines élections générales en 2018. La CAQ compte présentement 20 députés à l'Assemblée nationale, dont trois dans la grande région de Québec.

La défaite serait dure pour les libéraux, qui règnent en rois et maîtres dans Louis-Hébert depuis 2003. Or, le parti dit s'appuyer sur une base solide de militants dévoués. Une victoire du PLQ renforcerait sa présence dans la région, et porterait son nombre de sièges dans les environs de Québec à neuf.

Les enfants votent

Par ailleurs, lundi, les «petits bureaux de vote» du programme Électeurs en herbe seront dédiés aux enfants qui accompagnent leurs parents à voter. À leur tour, ils pourront poser un geste concret en répondant à une question liée aux valeurs démocratiques.

«C'est ni plus ni moins une invitation à vivre la démocratie en famille que nous lançons aux électeurs dans Louis-Hébert. En suivant l'exemple de son parent, l'enfant pourra visualiser le processus et se familiariser avec le fonctionnement du vote», a affirmé le DGEQ, Pierre Reid, dans un communiqué.