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Référendum en Catalogne: l'Espagne désactive les logiciels pour le vote

Et plus de la moitié des bureaux de vote mis sous scellés.

30/09/2017 10:01 EDT | Actualisé 30/09/2017 11:14 EDT

Les policiers ont lancé un ultimatum, samedi, en Catalogne: les séparatistes qui occupent les écoles censées se convertir en bureaux de vote pour le controversé référendum sur l'indépendance de la région devront partir avant l'aube.

Les policiers accordent aux protestataires - des parents accompagnés de leurs enfants - jusqu'à 6 h 00, dimanche, soit trois heures avant l'ouverture prévue des urnes.

Le tribunal constitutionnel de l'Espagne a ordonné la suspension du vote il y a trois semaines afin d'en étudier la légalité. Le gouvernement central maintient pour sa part qu'il est illégal. Les policiers, qui ont été chargés d'empêcher la tenue du référendum, orchestrent depuis quelques jours une vague de répression, confisquant des bulletins de vote et du matériel de campagne.

Le gouvernement régional catalan a choisi de faire preuve de défiance et invite tout de même les 5,3 millions d'électeurs à se prononcer dimanche.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Alfonso Dastis, estime que cette démarche est "un travestissement de la démocratie" qui va à l'encontre "des objectifs et des idéaux de l'Union européenne".

L'Union européenne a prévenu la Catalogne que si elle divorçait l'Espagne, elle serait exclue du bloc et devrait demander à le réintégrer.

Des parents catalans en faveur du référendum ont érigé des campements dans des écoles figurant parmi les 2 315 bureaux de scrutin afin d'en empêcher la fermeture par les policiers.

Le plus haut représentant du gouvernement espagnol en Catalogne affirme que la police a déjà fermé plus de la moitié de ces établissements et que l'infrastructure technologique permettant de voter et de compiler les votes a été démantelée.

Enric Millo rapporte que des agents de la garde civile ont effectué une perquisition en vertu d'une ordonnance judiciaire, samedi, au quartier général du Centre régional catalan responsable de la technologie et des communications.

Selon M. Millo, les logiciels qui devaient relier les 2315 bureaux de scrutin et permettre le vote en ligne ont été désactivés.

Il précise que 163 écoles étaient toujours occupées samedi.

La police régionale a reçu l'ordre de ne pas avoir recours à la force pour expulser les protestataires. Enric Millo a dit avoir "confiance en le bon sens des Catalans".

Quim Roy, père de deux fillettes, se trouve à l'école primaire Congres-Indians, à Barcelone, avec quelques dizaines d'autres adultes et enfants.

"S'ils me disent que je ne peux pas être dans une école publique et exercer mes droits démocratiques, ils devront me sortir d'ici. Je ne résisterai pas, mais ils devront m'emporter", a-t-il prévenu.

Les organisateurs de ces occupations ont prévu un éventail d'activités pour maintenir le moral, dont des projections de films, des pique-niques et des séances de yoga.

M. Roy indique toutefois que plusieurs parents ont choisi de renvoyer leurs enfants à la maison samedi, par souci pour leur sécurité.

"Qui sait ce qui va se passer si la garde civile débarque?", a-t-il lancé.

On ignore si le gouvernement catalan pourra distribuer suffisamment d'urnes et de bulletins de vote pour mener à bien cette consultation régionale.

Un autre inconnu est ce qui adviendra si les dirigeants catalans jugent le vote légitime et proclament l'indépendance - ce qu'ils se sont engagés à faire dans les 48 heures suivant une éventuelle victoire du "oui".

Rassemblement pour l'indépendance de la Catalogne (29 septembre 2017)