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Des manifestants pro et anti-immigration s'affrontent au Québec et ailleurs

Rejetant l'étiquette raciste, les manifestants liés à Storm Alliance ont scandé en choeur avec leurs opposants: «Tout le monde déteste les racistes».

30/09/2017 15:16 EDT | Actualisé 30/09/2017 16:34 EDT
Manifestants sur la Colline parlementaire à Ottawa.

Partisans et opposants à l'immigration se sont regardés en chiens de faïence samedi dans plusieurs villes canadiennes pour faire valoir leur point de vue respectif, notamment à Ottawa et à Saint-Bernard-de-Lacolle.

Le groupe identitaire Storm Alliance a lancé un appel à ses supporters sur Facebook pour participer ce samedi à des manifestations contre les politiques "destructrices" de Justin Trudeau à Saint-Bernard-de-Lacolle au Québec, à Edmonton en Alberta, à Windsor en Ontario ainsi qu'au Nouveau-Brunswick.

Les organisateurs du rassemblement identitaire de Saint-Bernard-de-Lacolle disent manifester contre les gouvernements libéraux à Ottawa et à Québec et non contre l'immigration. "Notre gros but, c'est d'enlever le gouvernement libéral de Trudeau, mais les manifestations au parlement, ça ne dérange plus les gens, alors on est ici pour attirer l'attention", a déclaré un porte-parole du groupe, Éric Trudel.

Des policiers vêtus de tenue antiémeute ont été déployés en grand nombre tant à Saint-Bernard-de-Lacolle qu'à Ottawa afin de séparer les deux groupes.


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Manifestation pro et anti-immigration à Ottawa

Au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle, une centaine de militants favorables à l'immigration ont voulu devancer leurs adversaires pour s'assurer que les migrants reçoivent un message "d'accueil et de bienvenue". Ils ont pris position sur la voie de desserte, en bordure de l'autoroute 15, face au campement temporaire érigé pour accueillir les demandeurs d'asile. Ils ont ainsi barré le chemin aux quelque 200 manifestants de Storm Alliance qui comptaient aussi des membres de La Meute et des Patriotes dans leurs rangs.

Leur porte-parole sur place, Anas Bouslikhane, a réclamé d'ailleurs un meilleur accueil des demandeurs d'asile au Québec et au Canada.

Il a aussi qualifié leur présence à la frontière de hautement symbolique, puisque c'est à cet endroit que des milliers de migrants d'origine haïtienne ont fait leur entrée au Québec au cours de l'été, pour fuir les politiques du président américain Donald Trump. Pour M. Bouslikhane, il était important pour les manifestants de son camp "de faire face au groupe d'extrême droite Storm Alliance" dont le but est "d'intimider" les demandeurs d'asile, selon lui.

Eric Trudel, porte-parole de Storm Alliance, allègue que c'est le Canada qui invite les demandeurs d'asile, qu'il qualifie "d'illégaux", bien que ce statut juridique n'existe pas. À son avis, les démarches du gouvernement fédéral pour freiner les arrivées irrégulières massives ne sont pas suffisantes.

"On déplore ce qui va arriver après parce que ces gens-là ne connaissent pas la langue, c'est difficile pour eux de s'intégrer et on n'a pas les ressources pour les accueillir", commente M. Trudel.

Il souhaite que le Canada soit mieux structuré pour accueillir les immigrants. Il ajoute qu'il croit que le gouvernement Trudeau encourage l'immigration pour s'acheter des votes dans cinq ou dix ans si ces gens obtiennent un statut de citoyen.

D'autres personnes présentes parmi les manifestants, dont Sébastien Cormier, ont dénoncé une sorte de "deux poids, deux mesures", alors que lui effectue des démarches depuis des mois pour rapatrier sa conjointe coincée à Madagascar. "On fait toutes les démarches, on remplit les documents et le gouvernement nous les retourne en refusant le visa parce qu'elle n'a pas d'emploi, mais elle s'occupe des enfants à la maison", explique-t-il.

En début d'après-midi, les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) ont dû séparer les deux camps de manifestants, qui scandaient des slogans et se lançaient des injures.

Rejetant l'étiquette raciste, les manifestants liés à Storm Alliance ont scandé en choeur avec leurs opposants: "Tout le monde déteste les racistes".

Les deux camps sont tenus à l'écart par les policiers à une trentaine de mètres l'un de l'autre.

Le poste-frontière de Saint-Bernard-de-Lacolle a été fermé pendant quelques heures.

Les membres de Storm Alliance ont quitté les lieux peu après 14 h 30. La Sûreté du Québec a indiqué qu'elle n'avait fait aucune arrestation.

La Presse canadienne