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Un rôle mythique pour Marc Messier dans « La mort d’un commis voyageur »

Après 38 ans à faire rigoler des millions de spectateurs partout en province avec Broue, Marc Messier change de cap complètement.

28/09/2017 17:15 EDT | Actualisé 28/09/2017 17:17 EDT
Théâtre du Rideau Vert

Après 38 ans à faire rigoler des millions de spectateurs partout en province avec Broue, Marc Messier change de cap complètement. Dès la semaine prochaine, il jouera son tout premier rôle dramatique au théâtre en interprétant Willy Loman dans La mort d'un commis voyageur, au Rideau Vert. Il succèdera ainsi à de grands comédiens québécois comme Jean Duceppe et Michel Dumont, qui ont interprété le mythique personnage.

Pourquoi la pièce d'Arthur Miller est-telle considérée comme un classique de la dramaturgie américaine?

C'est une œuvre à plusieurs niveaux sur les États-Unis, le rêve américain et une relation père-fils très difficile. Et mon personnage est un grand rôle, qui demande beaucoup de travail. Bien plus que je ne le pensais! Ça prend beaucoup de souffle. Il y a beaucoup de textes à apprendre. Je suis sur scène énormément. Évidemment, Broue était aussi une pièce exigeante physiquement : Michel, Marcel et moi, on passait 2 h 30 sur scène à se partager tous les rôles. Mais Broue, je l'avais dans le corps depuis longtemps. Là, je suis en mode apprentissage.

Vous avez déjà affirmé que le théâtre américain était une zone de confort. Pourquoi?

J'ai une culture plutôt américaine. Quand j'étais enfant, on écoutait beaucoup la télé des États-Unis, parce que mon père adorait ça, et une partie de ma famille vit là-bas. Alors j'ai toujours été très attiré par le pays. Le théâtre américain m'intéresse, parce qu'il nous rejoint beaucoup nous, les Québécois. Peut-être plus que la dramaturgie européenne à certains points de vue. Je me sens bien là-dedans.

Comment percevez-vous Willy Loman?

C'est un homme qui essaie de se battre pour survivre, alors que toute sa vie s'écroule. Il a été brainwashé par le rêve américain, qui est basé sur le paraître, les avoirs et une réussite sociale synonyme d'argent. Mais quand tout éclate et qu'il perd son emploi à l'aube de la retraite, il n'a plus de repère. C'est un homme qui se brise en se battant.

Éric Bruneau va jouer Biff, le fils de Willy dans la pièce. Est-ce que le fait d'avoir déjà joué avec lui augmente votre niveau de complicité?

J'ai joué son père dans Toute la vérité et on a joué ensemble dans Prémonitions, mais Éric et moi, on est avant tout des amis dans la vie et des partenaires de tennis. Je me sens à l'aise avec lui. Comme il y a une tension épouvantable qui règne entre nos personnages dans la pièce, notre relation nous aide peut-être à aller plus loin. Mais je manque de recul pour analyser la situation.

Est-ce vraiment particulier pour vous de jouer un drame sur scène pour la première fois, alors que vous en avez fait si souvent au cinéma et à la télévision?

Au cinéma, on est dans une forme d'intimité : la caméra vient te chercher. Mais au théâtre, il faut que tu te rendes à l'oreille du public. Il y a une théâtralité différente à trouver dans le drame, et j'ai beaucoup moins de repères là-dedans. Il faut trouver le moyen de rester vrai, simple et précis, en faisant en sorte d'être entendu jusqu'à la 35e rangée.

Comment vous sentez-vous, quelques mois après la fin officielle de Broue?

C'est sûr qu'il y a une petite nostalgie, quand on voit les feuilles commencer à rougir. Normalement, après un été en vacances, on recommençait à se promener à travers le Québec pour jouer Broue. Mais je pense qu'on a arrêté au bon moment. Ce sont des bons souvenirs. Et je vais continuer de voir Michel et Marcel toute ma vie. On est lié. Quand on se voit, on a du plaisir ensemble et ça augmente avec les années.

On vous voit également dans la troisième saison de Boomerang. À quoi doit-on s'attendre avec Pierre?

Il va donner un coup de main à Patrick, son gendre, qui vient d'installer un food truck dans le Village gai, en se faisant passer pour un homosexuel. Pierre est un petit monsieur avec des préjugés qui n'est pas trop habitué à tout ça. C'est un clash pour lui. Mais il n'est pas un agressif ni un gars d'extrême droite. Il n'est juste pas habitué. Ça crée plusieurs scènes très comiques.

Est-ce que l'ambiance de tournage est aussi survoltée qu'on peut l'imaginer en regardant l'émission?

On a vraiment beaucoup de plaisir à tourner ensemble. S'il y a autant d'ambiance, c'est parce qu'on s'entend bien et que ce n'est pas compliqué. On est tous très à l'aise dans nos personnages. Je suis vraiment content de jouer là-dedans. Mais quand on fait une comédie, il faut que ce soit très précis, alors ça demeure du travail assez sérieux.

Qu'est-ce qui vous attend pour le reste de l'année?

Cet été, j'ai tourné dans la nouvelle télésérie écrite par Richard Blaimert, Hubert et Fanny, qui va être diffusée à Radio-Canada en janvier. Je joue le père d'Hubert, un homme mal dans sa peau, qui fait un genre de dépression. Il est resté accroché à une histoire qui a mal viré entre sa femme (Anne-Marie Cadieux) et lui. Durant toute la série, il va tendre vers le mieux-être. En mars, on tourne la prochaine saison de Boomerang. Et d'ici là, quand j'aurai terminé de jouer La mort d'un commis voyageur, je vais prendre de bonnes vacances. C'est rendu nécessaire. Je travaille fort. J'ai beaucoup de pression. Et j'ai besoin de repos et de voir ma famille. »

« La mort d'un commis voyageur » sera présentée au Rideau Vert du 3 octobre au 4 novembre 2017. Cliquez ici pour plus de détails