NOUVELLES

Pas de taxe Netflix, mais une contribution de 500 millions $ de la compagnie

Par contre, la part en langue française de ce contenu n'est pas détaillée dans les documents distribués par le ministère de Mélanie Joly.

28/09/2017 06:52 EDT | Actualisé 29/09/2017 15:13 EDT

Le géant de la diffusion en ligne Netflix n'est pas contractuellement tenu de verser un montant précis de son investissement de 500 millions $ aux productions francophones, mais Mélanie Joly est convaincue que la pépinière de talent qu'est le Québec aura droit à sa juste part.

L'entreprise américaine a été "étonnée par la qualité de l'écosystème (culturel) au Québec", en particulier celle du cinéma et de la télévision, a plaidé jeudi la ministre du Patrimoine canadien peu après avoir dévoilé la vision "pour un Canada créatif" du gouvernement.

"Sincèrement, les arguments étaient évidents. Parce que Netflix est très au courant que les meilleurs réalisateurs, présentement, à Hollywood, sont Jean-Marc Vallée, Xavier Dolan et Denis Villeneuve", a-t-elle soutenu en point de presse.

"Lorsqu'on a commencé nos pourparlers avec Netflix, pour moi, il était fondamental qu'il y ait des investissements en contenu francophone", a indiqué Mme Joly, se disant "convaincue" que Netflix investira "une bonne partie" du 500 millions $ sur cinq ans en contenu francophone.

Le plan Joly prévoit l'injection d'une somme additionnelle de 25 millions $, pour l'ensemble du Canada, dans une "stratégie" pour "appuyer le contenu canadien en français sur la plateforme de Netflix", selon un communiqué gouvernemental.

Cela permettra au géant américain du divertissement d'"apprendre à connaître davantage le secteur" culturel québécois, a expliqué Mélanie Joly.

Malgré l'insistance des journalistes, tant la ministre que les fonctionnaires du gouvernement n'ont pas précisé combien Netflix investissait déjà - ou avait investi dans les dernières années - en production de contenu canadien.

Pas de "taxe Netflix"

En dévoilant ce plan, qui a été élaboré après des mois de consultations avec des joueurs de l'industrie d'un bout à l'autre du Canada et ailleurs dans le monde, les libéraux respectent leur promesse de ne pas infliger de "taxe Netflix".

Ils l'avaient formulée à maintes reprises en campagne électorale, puis une fois au pouvoir, après que les conservateurs eurent agité l'épouvantail - l'ex-premier ministre Stephen Harper avait accusé les libéraux d'avoir cette velléité dans une vidéo publiée en campagne électorale.

La ministre Joly a réitéré que la décision était conforme à la promesse libéral de ne pas alourdir le fardeau fiscal de la classe moyenne.

"Nous avons diminué les taxes de la classe moyenne, et nous continuerons de le faire", a insisté la ministre dans un discours prononcé devant le Club économique du Canada au Château Laurier, à Ottawa.

Par ailleurs, la ministre montréalaise a annoncé jeudi que le gouvernement fédéral augmenterait - le montant de cette hausse n'a pas été précisé - sa contribution au Fonds des médias du Canada pour compenser la baisse du financement privé du fonds.

"Je reconnais qu'il y a beaucoup d'anxiété liée à la pérennité du financement des productions indépendantes. (...) Nous voulons démontrer notre appui au secteur", a-t-elle souligné dans son allocution.

La vision du gouvernement présentée jeudi ne prévoit aucune mesure d'aide pour les médias écrits. Plusieurs patrons d'entreprises de presse écrite avaient demandé un coup de pouce financier au gouvernement fédéral.

"Nous n'avons pas l'intention de soutenir les modèles qui ne sont plus viables pour l'industrie", a signalé Mélanie Joly dans son discours.

L'absence d'un tel investissement a été déplorée par le porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD), Pierre Nantel.

Le plan de la ministre du Patrimoine canadien a été présenté après des mois de consultations avec les joueurs de l'industrie, d'un bout à l'autre du Canada et ailleurs dans le monde.

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

Les nouveautés de la semaine sur Netflix Canada (29 septembre 2017)