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Sévices sexuels: l’oratoire Saint-Joseph se retrouve mis en cause dans une action collective contre les frères de Sainte-Croix

La première action collective se limitait à trois institutions exploitées par les frères de Sainte-Croix.

27/09/2017 14:13 EDT | Actualisé 27/09/2017 14:16 EDT
bigmikephoto via Getty Images

La Cour d'appel du Québec a donné le feu vert, jeudi, à une deuxième action collective contre la Congrégation de Sainte-Croix pour les sévices sexuels commis par certains de ses frères.

La Cour d'appel a ainsi infirmé le jugement rendu en août 2015 par la Cour supérieure, qui, selon le porte-parole des victimes, aurait pu avoir «une portée catastrophique» pour les autres actions collectives de ce genre.

En entrevue avec La Presse canadienne, Sébastien Richard a également tenu à souligner que l'oratoire Saint-Joseph est cette fois inclus dans la liste d'institutions mises en cause — selon lui une première pour un sanctuaire catholique de cette envergure.

La première action collective se limitait à trois institutions exploitées par les frères de Sainte-Croix, soit le Collège Notre-Dame de Montréal, le Collège Saint-Césaire, en Montérégie, et l'école Notre-Dame de Pohénégamook, dans le Bas-Saint-Laurent.

À son issue, la congrégation s'était engagée dans une entente hors cours à verser jusqu'à 18 millions $ en compensation à 206 victimes.

Une quarantaine d'autres victimes se sont manifestées après l'annonce du règlement à l'amiable, d'où cette seconde action collective qui a été élargie à d'autres établissements, dont les cégeps Marie-Victorin et Saint-Laurent.

M. Richard souligne que l'oratoire Saint-Joseph, qui figure au jugement aux côtés de la Province canadienne de la Congrégation de Sainte-Croix, relève directement du Vatican.

«Ce serait d'autant plus gênant que le pape Benoît XVI a canonisé le frère André, fondateur de l'oratoire Saint-Joseph!», a-t-il lancé.

Il signale par ailleurs que le temps presse, alors que la plupart des victimes ont un âge plutôt avancé.

«Ce sont aussi des gens qui ont gardé le silence très longtemps, trop longtemps», a-t-il déploré.

Certaines sont même décédées depuis le début de cette seconde procédure en 2013, s'est-il désolé, accusant la congrégation d'avoir «tout fait pour faire traîner la sauce».

Il dit espérer que l'attention médiatique incitera encore d'autres victimes à aller de l'avant.

La Congrégation de Sainte-Croix n'a pas pu être jointe par La Presse canadienne.