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Donald Trump relance l'épineuse question de la division raciale dans le sport

Le système sportif est le reflet de la société américaine, selon un spécialiste américain de la sociologie du sport.

27/09/2017 13:50 EDT | Actualisé 27/09/2017 13:50 EDT

En s'en prenant à des basketteurs et des joueurs de football noirs américains, et en citant comme exemple le hockey et le NASCAR, des sports très majoritairement suivis par des Blancs, Donald Trump a relancé le sujet de la division raciale dans le sport américain.

Depuis le week-end dernier, le président américain est engagé dans un bras de fer qu'il a initié principalement avec le football américain (NFL) et qui a culminé dimanche avec une massive démonstration de défiance de la part des joueurs de NFL. Ces derniers ont posé un genou à terre pendant l'hymne national, un geste controversé interprété par Donald Trump comme un manque de respect envers l'Amérique et son drapeau mais qu'ils ont effectué pour dénoncer les tensions raciales aux Etats-Unis.

"Le monde du sport est intimement lié à la question raciale aux Etats-Unis" , explique à l'AFP Jay Coakley, docteur en sociologie à l'université du Colorado à Colorado Springs et spécialiste de la sociologie du sport. "Il existe une forme de ségrégation raciale dans les sports aux Etats-Unis", développe-t-il.

"Nous avons créé un système sportif qui est le reflet de notre société. Aux derniers Jeux olympiques, 80% de nos équipes engagées dans les diverses compétitions étaient soit toutes noires, soit toutes blanches. Les ligues professionnelles où les fans sont le plus mélangés ethniquement sont le football (NFL) et le basket-ball (NBA)", poursuit-il. Dans le championnat de football américain, environ 70% des joueurs sont noirs, contre 75% en NBA.

A l'inverse, le hockey fait partie de ces sports où l'on retrouve très peu d'athlètes noirs, et passionne principalement une frange blanche de la population. Seulement 3% des téléspectateurs qui suivaient la LNH, (la ligue professionnelle de hockey nord-américaine) étaient Noirs en 2013, contre 92% de Blancs, selon une étude du groupe Nielsen, spécialiste en marketing.

"Ravi de vous informer que les Pittsburgh Penguins, champions de LNH me rejoindront à la Maison Blanche pour une cérémonie. Superbe équipe!", a tweeté le président américain dimanche. Cette annonce de Donald Trump tranchait singulièrement avec son message de la veille, quand le milliardaire avait expliqué que l'invitation adressée aux Golden State Warriors, champions NBA en titre, était annulée.

94% de téléspectateurs blancs

Depuis le week-end dernier, le président n'a eu de cesse de critiquer les joueurs de football américain qui mettent genou à terre pendant l'hymne américain, à la base un signe de protestation contre les discriminations et les violences raciales aux Etats-Unis.

Mais entre deux tweets critiques de la NFL, Trump a également adressé un message de félicitations à la Nascar, le championnat automobile le plus populaire des Etats-Unis. "Tellement fier de la Nascar et ses supporters. Ils ne supportent pas qu'on manque de respect à notre pays et notre drapeau et l'ont fait clairement savoir!", a-t-il écrit lundi. Les Blancs représentaient 94% des téléspectateurs qui suivaient la Nascar en 2013, contre 2% de Noirs, selon Nielsen. Plusieurs drapeaux confédérés, considérés par certains comme des symboles racistes, ont été aperçus dans les tribunes pendant les courses lors des dernières années et les fans de ce championnat automobile sont connus pour être plutôt conservateurs et souvent originaires du Sud.

Prendre en référence le hockey ou la course, par opposition avec le football n'est pas un choix anodin, pour Jay Coakley: "Il a fait exprès, il savait que cela plairait à sa base" électorale. "Je ne m'attends pas à voir les joueurs de golf, de hockey ou les pilotes de Nascar se tenir par les bras" en signe de solidarité contre les insultes de Donald Trump, comme l'ont fait les joueurs de NFL, poursuit-il.

"Ses propos sont liés à la question raciale: il explique que les joueurs qui s'agenouillent ne sont pas de vrais Américains, mais la plupart de ceux qui le font sont Noirs", assure le sociologue.

Le président américain, pour sa part, s'est défendu de tout biais racial pendant le week-end. "Lorsque vous posez un genou à terre et ne respectez pas le drapeau ou l'hymne américain, c'est manquer de respect", avait-il écrit. "Cela n'a rien à voir avec la race ou autre-chose".