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CSeries: Theresa May est «amèrement déçue» par la décision des États-Unis

L'affaire pourrait «compromettre» les liens avec Boeing, selon Londres.

27/09/2017 07:47 EDT | Actualisé 27/09/2017 09:52 EDT

La première ministre britannique Theresa May a déclaré mercredi être «amèrement déçue» par la décision du département du Commerce américain (DOC) d'imposer des droits compensatoires préliminaires de près de 220 pour cent aux appareils CSeries de Bombardier.

Elle prévient que cette décision menace plus de 4000 emplois en Irlande du Nord.

Mme May a annoncé sur Twitter qu'elle collaborera avec la multinationale montréalaise pour protéger ces emplois. Elle était précédemment intervenue auprès du président américain Donald Trump, après que le géant Boeing eut accusé Bombardier de vendre ses avions à un prix artificiellement bas grâce à des subventions gouvernementales.

Et cette affaire pourrait «compromettre» les liens avec Boeing, a souligné Londres, rapporte l'AFP. Le ministre britannique de la Défense Michael Fallon a prévenu mercredi que la dispute commerciale autour de l'avionneur canadien Bombardier, qui menace des milliers d'emplois en Irlande du Nord, pourrait «compromettre» les liens du Royaume-Uni avec Boeing. «Ce n'est pas le comportement que nous attendons de Boeing et cela pourrait compromettre nos relations futures avec Boeing», a dénoncé M. Fallon.

Le président national du syndicat britannique GMB, Ross Murdoch, a comparé la décision américaine à un «coup de massue» pour la ville de Belfast, où Bombardier fabrique des ailes et des fuselages.

Boeing reprochait à Bombardier d'avoir profité de subventions totalisant au moins 3 milliards $ US des gouvernements du Québec, du Canada et du Royaume-Uni, ce qui lui aurait permis de vendre des avions au transporteur américain Delta en deçà du prix coûtant. Delta a accepté l'an dernier d'acheter 75 appareils CS100 et de prendre une option pour 50 autres. Bombardier évaluait la facture à 5,6 milliards $, selon le prix affiché des avions.

Delta explique que Boeing ne fabrique même pas les appareils de 100 places dont il a besoin pour ses liaisons courtes ou moyennes.

Bombardier a qualifié cette décision «d'absurde». Pour sa part, le secrétaire américain du Commerce, Wilbur Ross, a déclaré aux journalistes, lors d'un déplacement à Hong Kong, que le refus de collaborer de Bombardier avait été problématique.

«Ce n'est pas une décision anti-Canada ou anti-Royaume-Uni et certainement pas anti-Irlande du Nord, mais même quand ce sont vos amis et vos alliés, il faut respecter les règles», a-t-il dit.

La décision finale du DOC sera annoncée le 12 décembre.