BIEN-ÊTRE

Le temps chaud de septembre fouette les productions dans les vignobles du Québec

L'expression «après la pluie, le beau temps» ne pourrait pas mieux s'appliquer que cette année!

26/09/2017 13:32 EDT | Actualisé 26/09/2017 13:32 EDT
Pierdelune via Getty Images

Après avoir craint le pire en raison du temps frais et pluvieux du printemps, les vignerons du Québec auront finalement droit à une récolte fructueuse, cadeau de Dame nature qui a étiré l'été avec des températures particulièrement chaudes.

«Cette année, il a plu et il a fait froid. On a eu les deux pires facteurs. On a vu qu'on avait perdu quelques grains, mais finalement, la récolte est là», a expliqué Charles-Henri Decoussergues, copropriétaire et vigneron du Vignoble de l'Orpailleur à Dunham, en Estrie.

Mais les températures se sont réchauffées à la fin de l'été, ce qui a donné un sérieux coup de main aux cultures de raisins.

«Ça a changé toute la donne. Une journée à 30 degrés en septembre, ça vaut trois-quatre journées au printemps. Ça a fait changer complètement le raisin», a ajouté M. Decoussergues.

Le vigneron s'attend à une «belle récolte» qui se situe dans la moyenne des six dernières années.

Francis Lavoie, copropriétaire du domaine de Lavoie à Rougemont, en Montérégie, prévoit quant à lui presque doubler ses récoltes par rapport au bilan de l'année dernière.

«(Les températures) ont retardé un peu les vendanges, mais on va avoir une excellente récolte. Le soleil des deux dernières semaines va faire augmenter les taux de sucre, donc la maturité va être bonne», a-t-il indiqué.

Les températures nocturnes en haut des normales saisonnières pendant l'été ont aussi aidé, selon M. Lavoie.

Yvan Quirion, président de l'Association des vignerons du Québec et lui-même vigneron au Domaine St-Jacques en Montérégie, confirme qu'il s'agit d'une bonne année de production et que tous les membres de son association «sont assez contents».

«Ça a été une année de défis, une année exceptionnelle par rapport aux dix, quinze années dernières. C'est une année assez particulière», a-t-il affirmé en entrevue.

Champignons ravageurs

Mais il a fallu «travailler plus fort et être plus chirurgical» pour protéger les vignes, qui peuvent être rongées par des champignons.

Ce fut le cas du Domaine des 3 moulins, à Neuville, dans la région de Québec, qui a été «beaucoup» affecté par la pluie, selon l'un des propriétaires, Pio Bégin. Des champignons se sont développés sur les feuilles des vignes et ont nui à la production du vignoble, a-t-il regretté.

Les températures chaudes de la fin de l'été ont aidé les grappes en santé, mais pour les autres il était déjà trop tard, a-t-il dit.

«Quand la maladie s'installe, elle est difficile à éradiquer», a ajouté M. Quirion, qui se désole que certains producteurs aient été «malchanceux».

«Tout le monde travaille fort, c'est plus de la malchance (...) S'il y a du vent, et que t'es mal placé par rapport au vent et par rapport à où est le foyer de maladie, ça peut contaminer tout le vignoble.»

Accélérer les vendanges

Le temps particulièrement chaud de septembre a également bousculé l'agenda de nombreux vignerons qui prévoyaient récolter leurs raisins plus tard cette année.

«On pensait avoir une vendange plus tardive qui s'échelonnerait sur quatre-cinq semaines, et là ça semble plutôt s'accélérer et réduire le temps à deux ou trois semaines», a indiqué Yvan Quirion.

Charles-Henri Decoussergues, a dû embaucher plus de gens récemment pour commencer le travail plus tôt.

«Les chaleurs des dernières semaines font en sorte que les sucres se bâtissent plus rapidement et que les acidités chutent. Une chance, on avait des acidités assez élevées à la fin août, et là elles commencent à être des niveaux plus normaux», a expliqué M. Quirion.

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Les vignobles au Québec en chiffres (2016)

- 1800 tonnes de raisins récoltées

- 1,7 million de bouteilles produites

- 417 hectares cultivés, ce qui représente 3,4 pour cent de la superficie des vignobles au Canada

- 40,1 pour cent de la production était destinée au vin blanc; 34,3 pour cent, au vin rouge et 16,2 pour cent, au rosé. Le reste de la production était composé de bulles, de vin de glace et autres types de vins.

Source: Association des vignobles du Québec

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