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Alstom et Siemens confirment un regroupement d'activités

Les deux entreprises européennes ont annoncé la signature d'un protocole d'accord qui garantit l'exclusivité de rapprocher leurs activités de mobilité dans une fusion entre égaux.

26/09/2017 16:17 EDT | Actualisé 26/09/2017 18:51 EDT
Edgard Garrido / Reuters

Alors que Bombardier attend une décision du département américain du Commerce entourant sa dispute commerciale avec Boeing, l'entreprise a vu deux de ses concurrents européens du secteur ferroviaire confirmer leurs fiançailles.

L'Allemande Siemens et sa rivale française Alstom ont confirmé mardi le regroupement de leurs activités liées à la fabrication de matériel roulant, ce qui laisse Bombardier Transport en plan.

Cette nouvelle entité, détenue à parts égales par les deux sociétés et dont le siège social sera établi à Paris, devrait générer des revenus de 18 milliards $ US. Les deux compagnies doivent tenir une conférence de presse mercredi.

Ce mariage pourrait nuire à Bombardier Transport _ qui aurait tenu des discussions avec Siemens plus tôt cette année à propos d'un regroupement _ alors que le secteur ferroviaire se consolide afin de rivaliser avec CRRC, ce constructeur chinois soutenu par l'État, qui accroît ses parts de marché mondiales.

Malgré tout, l'analyste Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, croit que la division ferroviaire de Bombardier, dont le siège social se trouve à Berlin, serait capable de continuer à tirer son épingle du jeu.

Dans une note, il rappelle que Bombardier Transport serait le troisième joueur en importance en Europe en plus de jouir d'une forte présence en France, en Allemagne et au Royaume-Uni.

De plus, puisque de nombreuses activités de ses rivales allemande et française se chevauchent, il pourrait s'écouler de nombreuses années avant que le dossier ne se règle, ajoute M. Doerksen.

Selon lui, un mariage entre Bombardier Transport et Siemens aurait notamment forcé l'entreprise québécoise à céder le contrôle de ses activités de signalisation.

"Compte tenu de la nature cyclique des activités du secteur aéronautique, il est important, à notre avis, que Bombardier conserve le contrôle (de sa division de matériel roulant)", écrit l'analyste.

De plus, M. Doerksen estime que la menace en provenance de la Chine est exagérée à court et moyen terme, étant donné que CRRC n'a généré que 8,5 pour cent de ses revenus à l'extérieur de ce pays l'an dernier.

L'avantage concurrentiel de la société chinoise pourrait également être freiné par des exigences de contenu local sur les marchés occidentaux, ce qui oblige CRRC à ouvrir des usines à l'étranger.

En début de soirée, Bombardier n'avait pas réagi à l'annonce du mariage entre Siemens et Alstom.

À la Bourse de Toronto, son action a néanmoins pris plus de six pour cent, clôturant à 2,27 $, notamment en raison de la publication d'un article en Chine affirmant que l'entreprise serait sur le point de décrocher des commandes d'avions dans l'Empire du Milieu.

La plupart des analystes financiers, ainsi que l'avionneur québécois, s'attendent à ce que Washington impose des droits préliminaires sur les avions commerciaux qui seront livrés au sud de la frontière.

Dans sa plainte, Boeing allègue que ce sont les aides gouvernementales octroyées à Bombardier _ comme l'injection de 1 milliard $ US dans la CSeries _ qui ont permis à l'entreprise d'offrir de généreux rabais à Delta Air Lines.

C'est ainsi que Bombardier aurait pu décrocher l'importante commande pour 75 appareils CS100 l'an dernier, affirme le géant de Chicago.