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«La voix junior»: nos candidats chouchous

«Tu me donnes le goût de retourner à l'école! Fais-moi pas brailler et viens dans mon équipe!»

25/09/2017 11:05 EDT | Actualisé 25/09/2017 11:06 EDT
TVA / OSA IMAGES

Les micros de La voix junior se sont rallumés à TVA, dimanche, avec, comme le veut la tradition désormais bien rodée, le début de la première étape du concours, celle des auditions à l'aveugle. Le concept fait toujours mouche, mais on a rapidement constaté que plus ça change, plus c'est (à peu près) pareil.

Les coachs Marie-Mai, Alex Nevsky et Marc Dupré en ont beurré épais sur leur joie et leur émotion d'être là et ont, comme l'an dernier, rempli leur mandat de donner un show à grands coups de compliments et de comparaisons démesurés («Est-ce que tu existes pour vrai? Tu n'es pas un mirage?»; «Tu me donnes le goût de retourner à l'école! Fais-moi pas brailler et viens dans mon équipe!»; «Ce que tu as fait, je trouve ça plus grand que nature!» ; «J'ai des palpitations!» ; etc.) Heureusement, cette saison, on semble avoir éliminé les promesses d'engagements pour la vie, de poutines et de glissades d'eau, ce qui est une bonne chose.

Puis, au-delà du flafla, les décideurs de La voix junior aspirent à «donner des ailes aux jeunes du Québec», a souligné Marie-Mai, ce qu'on ne leur reprochera certainement pas. Sous les fioritures se cachent souvent des observations constructives et très utiles aux apprentis chanteurs et chanteuses, de la part des juges.

Cette première portion d'auditions à l'aveugle nous a permis de découvrir de jeunes talents très prometteurs. Bonne idée de laisser un peu de temps de glace aux participants exclus – comme Loïk Jolicoeur, qui a pu faire une démonstration de breakdance, et Lula Bureau, qui a pu se produire plus longuement sur Despacito -, histoire d'éponger un peu de déception. Les segments où Charles Lafortune présente les jeunes étoiles sont toujours de qualité et mettent de l'avant la personnalité de l'enfant, ses aptitudes et sa situation familiale. C'est parfois long, mais ces bambins ont droit à leur moment de gloire, pas vrai?

Il a déjà été annoncé que les jeunes candidats de La voix junior – même ceux qui ne franchissent pas le palier des auditions à l'aveugle - se produiront en spectacle au Centre Vidéotron, à Québec, le 9 décembre, à 19h30, et au Centre Bell, à Montréal, le 16 décembre, à 15h et 19h30.

Voici nos candidats chouchous de cette première ronde d'auditions à l'aveugle de La voix junior.

TVA / OSA Images
Mia Lessard

Du haut de ses 9 ans, la toute petite Mia Lessard, de Stoneham, a été absolument craquante en reprenant Le casse-tête, une comptine de Passe-Partout, à la sauce scat (un jazz en onomatopées plutôt qu'en paroles). Extrêmement à l'aise, se trémoussant avec grâce, elle avait à peine poussé un gloussement jazz qu'une Marie-Mai enthousiaste se retournait pour elle. Ses collègues ont rapidement suivi. Marie-Mai a vanté le mélange de jeunesse de Mia et sa fibre de jazzwoman d'expérience, mais la fillette a plutôt choisi de suivre Marc Dupré, lequel l'a décrite comme un phénomène.

Yann Marven, 12 ans, de Montréal, a été réellement renversant dans son interprétation de When We Were Young, d'Adele, qu'il a rendue avec une puissance et une justesse peu communes. Originaire d'Haïti, le garçon conserve des souvenirs très clairs du séisme de 2010 qui a amené sa famille au Québec. «C'est des souvenirs déplaisants, mais il faut faire avec», a-t-il philosophé avec candeur. On lui prédit un destin doré à La voix junior, où il a intégré dimanche les troupes de Marie-Mai. Sans surprise, les trois coachs l'ont littéralement supplié de se joindre à eux.

Le petit Loïk Jolicoeur, 11 ans, de Saint-Constant, n'a pas été retenu – il faut dire que son choix de chanson, Faufile, de Charlotte Cardin, n'était pas évident -, mais on est néanmoins tombé sous le charme de son charisme et son naturel fous. «De vous voir en vrai, c'est capotant!», a lancé Loïk avec une joie non feinte lorsque les trois fauteuils rouges ont pivoté pour lui faire face, à la fin de son numéro. Nullement décontenancé, Loïk a interpellé le trio en chef avant de quitter la scène. «J'ai tout le temps rêvé de ce moment-là. Je ne veux pas le gaspiller. Je veux vous faire mon move préféré!», a déclaré le petit danseur de breakdance. Il s'est exécuté, sautillant et tournoyant par terre, pendant qu'Alex Nevsky tenait son micro. Il a ensuite offert une petite leçon à Marc Dupré.

Difficile de ne pas être soufflé par le talent de rappeuse de Sydney Lallier, 10 ans, de Granby, qui a été hyper efficace sur Where is the love?, des Black Eyed Peas. Elle a dansé avec énergie, a prononcé les paroles avec précision et exactitude – alors que c'aurait très bien pu être brouillon et confus – et insufflé beaucoup d'âme à sa prestation, mouvements rap à l'appui. Et il fallait voir son sourire s'agrandir quand elle a constaté que les trois coachs avaient bougé pour elle!

La gamine a même eu droit à un message personnalisé à son endroit de Will.i.am, le chanteur du groupe. Le commentaire que Marie-Mai a formulé pour saluer son passage a été très pertinent.

«Quand on participe à un show comme La voix junior, on a une minute et demi pour montrer à tout le monde qui on est. Toi, après une seconde, je savais exactement qui t'étais. Je te trouve originale, tu es une bête de scène...», a indiqué la chanteuse. Il faut croire que Sydney a été séduite elle aussi, puisqu'elle a désigné – non sans difficulté! - Marie-Mai comme mentor qui l'épaulera dans l'aventure.

De sa toute petite voix douce, la mignonne Maika Lafrance, 9 ans, de l'Île-des-Sœurs, a proposé une version sans faiblesses de Montréal, d'Ariane Moffatt. Le petit bout de femme aux trémolos particuliers imaginait déjà que tout se passerait bien pour elle avant même d'entrer dans le studio de La voix junior. «Je suis très extrêmement fière de moi. J'imagine dans ma tête qu'un des coachs se retourne. Peut-être Alex Nevsky, je sais pas? Ça serait fou. Ça serait malade. Ça serait très cool!», a-t-elle visualisé. Nevsky s'est finalement manifesté au dernier instant, au point où Maika a vérifié avec lui s'il s'était bel et bien retourné. «Je te voulais, en passant!», lui a-t-elle révélé après coup. Pro du tennis, la petite a reçu la visite de la joueuse professionnelle québécoise Françoise Abanda, qui lui a prodigué des encouragements avant le moment crucial.

Comme c'est déjà arrivé dans le passé, le public a expérimenté l'audition à l'aveugle, comme Marie-Mai, Marc Dupré et Alex Nevsky, quand les adorables jumeaux Cédrick et Xavier Tremblay, 11 ans, de Jonquière, ont poussé la note sur Lips Are Movin, de Meghan Trainor, derrière un rideau opaque. On ne les voyait donc pas nous non plus. Quand ils se sont dévoilés, l'un était vêtu d'un chandail des Canadiens de Montréal, et l'autre, des Nordiques de Québec. Vocalement, le duo s'est très bien débrouillé, et la bouille des deux garçonnets était irrésistible. C'était charmant de les regarder se consulter, chuchoter à l'oreille l'un de l'autre quand est venu le temps de trancher en faveur d'un coach. «Il n'y a pas la chanson, là...?», s'est enquis l'un d'eux alors que planait le suspense, s'attendant à entendre résonner la musique d'accompagnement dans le studio. Alex Nevsky l'a informé que la trame sonore était ajoutée après. Nos deux petits hockeyeurs du dimanche risquent de scorer dans le clan de Marc Dupré. «On va sûrement être plus populaires avec les filles», a décrété l'un des deux minis Don Juan, une fois leur sort scellé.

Silya Kacel, 14 ans, de Laval, aime lire, écrire, faire du judo et chanter de l'opéra. Elle se décrit comme étant fonceuse, autonome et déterminée. Malgré son jeune âge, elle a même déjà pris l'avion toute seule. Ce qui est exceptionnel, c'est que l'adolescente est non-voyante de naissance. Résolument inspirante et impressionnante, la magnifique Silya détient le genre de parcours dont on raffole à TVA, mais n'a pas volé sa place à La voix junior, son timbre cristallin - «pur», a relevé Alex Nevsky - ayant fait vibrer Aimer, de la comédie musicale Roméo et Juliette. Elle a rapidement perçu quand les chaises ont flanché pour elle, et c'était drôlement émouvant de la voir sauter sur place au terme de sa pièce. Ses larmes de joie sincères auraient fait fondre le cœur le plus dur. Elle a confié les rênes de sa destinée dans la compétition à Marie-Mai.

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