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Facebook fournit au Congrès américain les publicités financées par la Russie

22/09/2017 10:27 EDT | Actualisé 22/09/2017 10:27 EDT

Facebook a finalement accepté de fournir au Congrès américain le contenu de messages qui auraient été financés par la Russie pour influencer l'élection présidentielle de 2016, apportant une nouvelle illustration des pressions que les réseaux sociaux subissent pour collaborer avec les autorités.

Il y a deux semaines, le groupe avait révélé que des centaines de faux comptes probablement activés depuis la Russie avaient été utilisés pour acheter des espaces publicitaires afin de nourrir les tensions politiques aux Etats-Unis avant et après l'élection présidentielle.

Les autorités américaines enquêtent depuis des mois sur une possible influence de la Russie dans l'élection remportée en 2016 par Donald Trump.

Avec ces espaces, l'annonceur peut afficher des contenus sponsorisés --qui peuvent être des spots politiques par exemple-- sur les pages d'internautes ciblés spécifiquement, grâce à des algorithmes, pour leur orientation politique, leur catégorie sociale ou leur pays d'origine.

Depuis cette révélation, la pression montait autour de Facebook pour qu'il fournisse ces contenus au Congrès. Régulièrement sur la sellette, les réseaux sociaux sont partagés entre le fait de protéger les données de leurs utilisateurs et leur liberté d'expression d'une part et la volonté de ne pas apparaître comme des plateformes de désinformation d'autre part.

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"Je refuse que quiconque utilise nos outils pour saper la démocratie", a déclaré jeudi le patron-fondateur de Facebook Mark Zuckerberg, dans une déclaration en direct sur le réseau social, qui tire la quasi-totalité de ses revenus de la publicité.

"Nous travaillons activement avec le gouvernement américain dans son enquête sur l'implication de la Russie" dans l'élection, a aussi assuré le dirigeant.

- Twitter et Google visés -

"Ce (jeudi) matin, j'ai demandé à nos équipes de fournir au Congrès les contenus sponsorisés que nous avons trouvés", a encore dit M. Zuckerberg, qui avait déjà accepté de fournir ces informations au procureur spécial Robert Mueller, chargé d'enquêter sur les actions de la Russie pendant l'élection et une éventuelle collusion avec la campagne de Donald Trump.

"Les informations que Facebook va fournir à la commission (d'enquête) devraient nous aider à mieux comprendre ce qui s'est passé", a réagi le représentant Adam Schiff, membre de la commission d'enquête de la Chambre, dans un communiqué.

"Il sera important pour la commission de s'assurer de la rigueur de l'enquête interne de Facebook, de vérifier ses conclusions et de comprendre pourquoi cela lui a pris aussi longtemps pour découvrir" les contenus financièrement liés à la Russie, a ajouté l'élu démocrate de Californie.

Dans le cadre de cette enquête, "il sera nécessaire d'entendre directement Facebook, Google et Twitter, ainsi que d'autres acteurs du secteur technologique, notamment au travers d'auditions publiques", a-t-il ajouté.

Les dirigeants de Twitter doivent être entendus au Sénat la semaine prochaine sur le même sujet.

Mark Zuckerberg a aussi présenté jeudi une série de mesures décidées par le groupe pour lutter contre les tentatives de manipulations.

"Non seulement il faudra révéler qui a payé pour quel contenu publicitaire mais (il sera possible de) visualiser la page d'un annonceur et voir les contenus qu'il met en ligne selon les différentes audiences" sur Facebook, a notamment détaillé le responsable.

Grâce à une enquête interne --toujours en cours selon Mark Zuckerberg-- Facebook avait annoncé le 7 septembre avoir repéré 470 comptes ayant dépensé au total près de 100 000 dollars entre juin 2015 et mai 2017 pour publier des annonces mettant en avant de fausses informations ou mener l'internaute à des pages contenant ce type de message.

Cette somme correspond à l'achat d'environ 3000 annonces sur le réseau.

"Nous n'avons jamais entendu parler de cela, nous ne savons rien à ce sujet et nous ne sommes absolument pas mêlés à ces affaires", avait alors réagi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Moscou ne devrait pas être associé avec "ces histoires sur Facebook", avait-t-il ajouté.

Facebook et Google ont par ailleurs indiqué la semaine dernière qu'ils allaient revoir leurs procédures en matière de contenu publicitaire ciblé après que la presse eut indiqué que leurs algorithmes permettaient de cibler des utilisateurs au travers de termes racistes ou antisémites.