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Meurtre dans un Maxi: l'accusé plaidera le trouble mental

Il affirme qu'il était convaincu que la victime et ses amies voulaient le tuer.

21/09/2017 12:51 EDT | Actualisé 21/09/2017 12:51 EDT
SPVM

Randy Tshilumba, accusé du meurtre prémédité d'une jeune employée dans un supermarché Maxi de Montréal, a admis à son procès l'avoir tuée, parce qu'il était persuadé qu'elle s'apprêtait à l'abattre avec une arme à feu, ainsi que d'autres clients.

"Je me suis défendu et j'ai défendu les autres clients, a-t-il témoigné. Clémence voulait me tuer, moi, et d'autres clients."

Il a raconté avoir vu son regard et son index pointé et qu'il savait alors ce qu'elle s'apprêtait à faire: "J'ai compris qu'elle allait sortir un 'gun' de sa poche".

Il a été accusé de meurtre, après avoir infligé 14 coups de couteau à sa victime le 10 avril 2016. Il a plaidé non coupable.

Ce soir-là, Randy Tshilumba s'était rendu au supermarché Maxi pour convaincre la victime, Clémence Beaulieu-Patry, de ne pas le tuer, a-t-il plaidé. Pour la convaincre de "faire la paix". Selon lui, celle-ci et cinq de ses amies de l'école secondaire lui voulaient du mal depuis septembre 2014.

"Mais j'étais vraiment anxieux", a-t-il dit, ajoutant avoir vu une camionnette noire à l'entrée, ce qui lui laissait croire que la victime et ses amies se trouvaient au supermarché, ajoutant à son stress.

L'accusé de 21 ans a débuté son témoignage pour sa défense jeudi matin au palais de justice de Montréal, devant le jury et la juge Hélène Di Salvo de la Cour supérieure.

L'accusé témoigne les pieds menottés - la façon habituelle de procéder - et d'une voix monotone, sans expression.

Trouble mental


Son avocat a annoncé qu'il entend démontrer que le jeune accusé souffre d'un trouble mental et qu'il était convaincu que la victime et ses amies voulaient le tuer.

"C'est un geste qui interpelle par sa brutalité. On a envie de comprendre ce qui s'est passé", a indiqué Me Philippe Larochelle au jury.

Et pour cela, "on va aller dans la tête de Randy", a-t-il fait savoir dans sa déclaration d'ouverture.

L'accusé ne considère pas avoir fait de mauvaises choses le soir du 10 avril 2016 et il avait des idées délirantes, a ajouté Me Larochelle.

Son trouble mental existait avant le meurtre, a fait valoir l'avocat de la défense. "La maladie mentale, ce n'est pas toujours visible", a-t-il dit.

Durant son témoignage, le jeune homme a indiqué avoir consulté pour son anxiété, ses troubles de sommeil, et ce qu'il décrit comme un état déprimé et triste. Un médecin a prescrit des médicaments. Mais ses études ont souffert et il a dit être en train d'avoir des échecs dans ses cours au cégep.

"Je ne réussissais pas à fonctionner", a-t-il relaté.

Son état a été exacerbé par le fait qu'il a témoigné avoir vu de nombreux messages le visant sur des sites internet "spotted", où des citoyens dénoncent habituellement certaines situations dans leur ville ou dans un lieu comme une école. Il a déclaré être convaincu que ces messages menaçants le visaient personnellement, et qu'ils avaient été écrits par Clémence et ses amies, car le style des messages était similaire à celui de leurs pages Facebook. Les messages disaient que des gens lui voulaient du mal, et plus tard, le tuer, a relaté l'accusé.

"Je me disais pourquoi? J'ai rien fait. Ça me rendait anxieux. Je ne savais pas quoi faire. J'étais désemparé", a-t-il déclaré pour sa défense.

Il avait acheté un couteau car il en avait besoin pour se protéger, a-t-il dit.

Après l'accusé, des membres de sa famille seront appelés à la barre des témoins ainsi que deux psychiatres.