POLITIQUE

Le «vernis environnementaliste» de Couillard craque, dit le PQ

L'opposition a fustigé le gouvernement libéral sur un projet de règlement qui ouvre les cours d’eau du Québec aux pétrolières.

21/09/2017 12:27 EDT | Actualisé 21/09/2017 12:53 EDT

QUÉBEC – «Le vernis environnementaliste du premier ministre, qui disait le pétrole d'un autre siècle, craque.» C'est en ces termes que le député péquiste Sylvain Rochon a fustigé le gouvernement Couillard sur un projet de règlement qui ouvre les cours d'eau du Québec aux pétrolières.

Le Devoir a révélé que le gouvernement a publié quatre projets de règlements dans la Gazette officielle qui précisent les modalités entourant les projets d'exploration et d'exploitation de pétrole et de gaz au Québec. On y apprend notamment que plusieurs rivières et des lacs se retrouvent dans des territoires sous permis par des entreprises pétrolières.

Les activités de l'industrie pétrolière pourraient aussi avoir lieu près des zones habitées. Des forages pourraient avoir lieu à 275 mètres d'une école, d'un centre de la petite enfance ou d'un hôpital. Pour des villes ou des résidences isolées, cette distance tourne autour de 150 mètres.

«Le Parti libéral nous a habitués à de beaux slogans sur l'environnement et le développement durable, sans avoir de plan solide pour effectuer le virage vert donc le Québec a besoin: un Québec qui sort du pétrole, qui vise sur les énergies propres et renouvelables», a ironisé M. Rochon en période de questions jeudi.

«Son gouvernement d'un autre siècle se cachait derrière les règlements publiés dans la Gazette officielle», a-t-il poursuivi, en précisant que ces modalités n'apparaissaient pas lors de l'étude de la Politique énergétique 2030 du gouvernement Couillard.

Heurtel se défend

«Évitons les élans vers le catastrophisme», s'est défendu le ministre de l'Environnement, David Heurtel. Il a précisé qu'il ne s'agissait que d'un projet de règlement qui prévoit une période de 45 jours pour recevoir les commentaires du public. «La population va s'exprimer, il reste du travail à faire, a-t-il dit. Attendons le produit final avant de parler d'apocalypse pétrolière au Québec.»

Ces explications n'ont pas convaincu le péquiste Sylvain Gaudreault, qui a attaqué le ministre Heurtel de plus belle. «Un projet de règlement? Un tout petit brouillon, un draft, de 269 pages? La vérité, c'est que le gouvernement libéral donne le Québec à vendre aux compagnies pétrolières et gazières. Ça, c'est la vérité que nous avons devant nous.»

Le ministre Heurtel a répondu que le gouvernement Couillard avait adopté la «plus importante réforme de la loi sur l'environnement» la session dernière, avec l'appui de l'opposition officielle, qui crée une catégorie de projets à risque élevés. Tous les projets d'hydrocarbures et de pétrole au Québec seront assujettis au Bureau des audiences publiques sur l'Environnement.

Il n'a pas manqué de revenir sur l'épisode d'Anticosti, en accusant le gouvernement péquiste de Pauline Marois d'avoir «littéralement vendu les intérêts des Québécoises et des Québécois pour un projet de gaz de schiste». Le gouvernement Couillard a depuis mis fin au projet.

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