BIEN-ÊTRE

John Lennon et Yoko Ono à Montréal, un «bed-in» réinventé par le Reine Elizabeth

Les visiteurs qui réserveront la suite d'ici la fin de 2017 devront allonger 1969 $ par nuit, un clin d'oeil à l'année du «bed-in».

21/09/2017 15:33 EDT | Actualisé 06/10/2017 12:44 EDT
Fairmont Le Reine Elizabeth
Suite 1742 - Fairmont Le Reine Elizabeth

En 1969, John Lennon et Yoko Ono organisaient au Reine Elizabeth de Montréal leur mythique bed-in en priant pour la paix dans le monde. Quarante-huit ans plus tard, l'hôtel de luxe ouvre la célèbre suite 1742 à sa clientèle avec un intérieur entièrement inspiré par les deux anciens illustres locataires.

Dévoilée aux médias jeudi lors de la Journée internationale de la paix, la chambre mainte fois réaménagée n'a plus vraiment grand-chose à voir avec la version originale, si ce n'est le souvenir d'un plaidoyer pacifiste encore bien ancré dans les esprits.

Du 26 mai au 2 juin 1969, Yoko et John, en pyjama, avaient organisé leur fameux bed-in pour dénoncer devant les nombreux journalistes présents le conflit au Vietnam. C'est là aussi que le couple, conscient de leur notoriété, avait composé et enregistré Give Peace a Chance, hymne des futures manifestations monstres organisées contre la guerre.

Pour s'approcher au plus près de l'époque, alors porté par le mouvement «peace and love», l'hôtel de la chaîne Fairmont a mandaté la firme d'architecture Sid Lee afin de réaménager les lieux pareil à 1969. Ainsi, l'espace central a été dégagé et le lit repositionné contre la fenêtre avec en prime les affiches «bed peace» et le «hair peace» accolés sur la vitre de la fenêtre.

Fairmont Le Reine Elizabeth

Une suite à 1969 $ la nuit

Les nostalgiques seront heureux d'apprendre que plusieurs accessoires illustrant les personnalités de John et Oko ont été installés ici et là. Un canapé anglais Chesterfield, un tabouret Butterfly du designer japonais Sori Yanagi, un service à thé coloré modèle sixties et sur le coin du lit, une Gibson presque similaire à la guitare fétiche du chanteur des Beatles (assassiné en 1980). Des œuvres d'artistes contemporains sont mises à disposition comme le motif floral suspendu de Jannick Deslaurier.

Même si la ligne est parfois mince entre hommage et le goût du spectacle, on applaudit quand même le souci de la reconstitution historique. À l'intérieur d'une autre pièce, douze casiers interactifs remplis de photographies et extraits d'archives exclusifs rappellent l'effervescence du moment. Des casques de réalité virtuelle permettent d'ailleurs de se mettre à la place de John Lennon, couché sur le lit et répondant aux questions des journalistes.

Enfin, rappelons que la suite n'est pas un musée ouvert au public. Les amateurs qui voudront s'y rendre devront d'abord louer la chambre dont le tarif promotionnel s'élève à 1969 $ par nuit pour ensuite atteindre le prix final de 2400 $. Cela étant dit, l'expérience vaut sans doute le détour pour ceux qui auront les moyens de se la payer. Et d'après nos informations, les réservations pour la 1742 sont déjà assurées jusqu'en 2018.