POLITIQUE

Le PQ dénonce la hausse de 10 pour cent de rémunération accordée aux médecins

L'opposition péquiste attribue cette générosité envers les médecins aux coupes successives, notamment dans les soins à domicile.

20/09/2017 15:00 EDT | Actualisé 20/09/2017 16:09 EDT
La Presse canadienne/Jacques Boissinot

La hausse de rémunération accordée aux médecins de famille dans les prochaines années est tout simplement révoltante et injustifiable, selon l'opposition péquiste.

L'entente de principe intervenue en août entre Québec et la Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ), qui devra être ratifiée par ses membres, équivaudrait à accorder aux médecins de famille une augmentation moyenne de 10 pour cent en trois ans.

Ces derniers recevraient aussi un montant forfaitaire de 40 000 $, en vertu de cette entente de principe, qui n'a pas encore été rendue publique.

En Chambre, le chef de l'opposition officielle, Jean-François Lisée, a jugé ces augmentations démesurées et a demandé au premier ministre Philippe Couillard d'expliquer ses choix budgétaires.

Le premier ministre a répliqué qu'il ne commenterait pas l'entente avant qu'elle soit ratifiée, mais il n'a pas nié les chiffres étalés par M. Lisée.

Ce dernier a dénoncé le fait que le gouvernement a pu se montrer fort généreux envers les médecins grâce aux coupes successives dans les services de santé pendant des années, notamment dans les soins à domicile.

Le premier ministre a répliqué que le contrôle serré des dépenses au cours des dernières années permet désormais au gouvernement de réinvestir en santé. Il a donné l'exemple de l'annonce faite le jour même par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, d'offrir un deuxième bain par semaine aux résidents en CHSLD, un investissement de 30 millions $.

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"Le jour où 900 millions $ sont donnés à la rémunération des médecins, on va essayer d'abriller ça avec le deuxième bain", a dénoncé le chef péquiste.

"C'est une bonne entente", a commenté pour sa part le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, lors d'une mêlée de presse, en marge de la rencontre hebdomadaire du conseil des ministres.

Il s'est dit prêt à la défendre sur la place publique, dès qu'elle sera ratifiée.

Sans vouloir donner de précisions, M. Moreau a cherché à se faire rassurant. Il s'agit selon lui d'une entente "économiquement très bonne pour le gouvernement et elle comporte de très bonnes nouvelles pour les patients du Québec".

Mais selon la porte-parole péquiste en santé, la députée Diane Lamarre, les Québécois n'ont tout simplement pas les moyens de payer de telles augmentations aux médecins, qui incluent des bonifications qui avaient été négociées avant 2014. Des hausses avaient alors été reportées et étalées dans le temps.

En 2015, la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, s'était penchée sur les ententes de rémunération 2010-2015 signées entre le gouvernement et les fédérations des médecins.

Elle concluait que ces ententes, qui ont permis aux médecins de hausser leur rémunération de près de 60 pour cent en six ans, ou de 2,6 milliards $, ont entraîné un dépassement de plus 800 millions $.