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La police espagnol arrête 12 personnes en lien avec le référendum de la Catalogne

Presque immédiatement après l'annonce des arrestations, des centaines de Catalans en colère se sont massés autour de bureaux du gouvernement à Barcelone.

20/09/2017 12:13 EDT | Actualisé 20/09/2017 13:06 EDT

Des perquisitions menées mercredi par la police espagnole dans des bureaux du gouvernement catalan ont mené à l'arrestation d'au moins 12 personnes, selon la presse locale.

Le gouvernement central espagnol intensifie ses efforts pour empêcher la tenue, le 1er octobre, d'un référendum sur l'indépendance dont la Cour constitutionnelle a pourtant ordonné la suspension.

C'est la première fois que des dirigeants catalans sont arrêtés depuis que la campagne pour l'organisation d'un scrutin a été relancée en 2011.

Presque immédiatement après l'annonce des arrestations, des milliers de Catalans en colère se sont massés autour de bureaux du gouvernement dans la capitale régionale, Barcelone. Certains manifestants ont tenté de bloquer le passage des voitures de police pendant que d'autres se chamaillaient avec les forces de l'ordre. Des manifestations ont aussi eu lieu ailleurs en Catalogne.

Le président catalan Charles Puidgemont a déclaré que les perquisitions étaient "illégales" et accusé le gouvernement central d'adopter une "attitude totalitaire".

Agissant avec la permission d'un juge, la police espagnole a visité 42 adresses, dont six bureaux du gouvernement régional. Les bureaux et résidences privés de dirigeants catalans et trois compagnies de Barcelone étaient aussi visés, a indiqué par voie de communiqué la Cour supérieure. Une vingtaine de personnes font l'objet d'une enquête pour désobéissance, abus de pouvoir et détournement de fonds en lien avec le référendum.

Le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé que les perquisitions ont permis de saisir une bonne quantité de matériel électoral, notamment quelque 10 millions de bulletins qui devaient être utilisés lors du référendum.

Le gouvernement catalan a confirmé l'arrestation de Josep Maria Jové, le secrétaire général des affaires économiques. M. Jové est le lieutenant du vice-président Oriol Junqueras, qui est aussi le responsable des affaires économiques de la région.

Le premier ministre espagnol Mariano Rajoy a estimé que le gouvernement central n'a d'autre choix que d'agir, puisque le gouvernement catalan a l'intention d'aller à l'encontre de la Constitution.

"Aucun État démocratique du monde n'accepterait ce que ces gens proposent", a-t-il dit. Sa position est appuyée par la plupart des partis politiques du pays.

Le ministère de l'Intérieur a annulé les congés de tous les membres de la Garde civile et de la police nationale, qui seront déployés pour empêcher la tenue du vote. Le ministère des Finances a quant à lui imposé tard mardi de nouvelles restrictions aux finances catalanes pour assurer qu'aucun argent public ne sera utilisé pour organiser le référendum. Toutes les dépenses publiques catalanes sont maintenant essentiellement contrôlées par Madrid.

Les quelque 7,5 millions de Catalans sont divisés, presque à parts égales, sur la question de l'indépendance de la Catalogne. La région génère environ 20 pour cent du PIB espagnol, qui s'élève à environ 1,1 millier de milliards d'euros.

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