POLITIQUE

La consultation sur le racisme systémique ira de l’avant

Malgré les critiques et les problèmes internes.

20/09/2017 16:38 EDT | Actualisé 20/09/2017 17:20 EDT
LA PRESSE CANADIENNE
La ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Kathleen Weil, à droite, parle aux journalistes aux côtés de Tamara Thermitus, présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. (LA PRESSE CANADIENNE/Ryan Remiorz)

QUÉBEC – La consultation sur le racisme systémique aura bel et bien lieu, a confirmé la ministre de l'Immigration Kathleen Weil et ce, malgré les vives critiques des partis d'opposition et les problèmes internes de la Commission des droits de la personne.

Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) réclament l'annulation pure et simple de la consultation, qu'ils estiment se transformera en « procès des Québécois ». Or, le gouvernement Couillard insiste pour mener à terme cet exercice.

« À la fin de la journée, il y a des gens qui vivent [la discrimination systémique]. C'est là où nous voulons en venir. Nous voulons trouver de meilleures solutions et mobiliser la société civile autour de ce projet commun », a expliqué la ministre Weil en anglais, mercredi.

La consultation va avoir lieu. Ce serait très irréaliste de penser que M. Couillard va l'annuler à quelques semaines d'avis à peine. Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de QS

Le premier ministre Philippe Couillard avait admis la veille qu'il pourrait y avoir des « améliorations » dans la formule de la consultation. Il était prévu qu'une partie des témoignages individuels se tienne à huis clos, mais cela pourrait changer.

« Pour rejoindre le grand public, il n'y a pas mille et une façons de le faire », a laissé tomber Mme Weil. Elle a spécifié que c'est la Commission des droits de la personne, dont la présidente Tamara Thermitus est visée par des plaintes pour abus d'autorité et manque de respect, qui se chargera de déterminer les paramètres de la consultation.

Motion de QS rejetée

S'il considère que l'exercice est « imparfait » et « peut être amélioré », le porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, dit que la demande de consultation sur le racisme n'est pas « tombée du ciel ». « Elle a été demandée par des gens qui vivent des situations de discrimination. Je pense qu'on ne peut pas refuser d'entendre ces gens-là. »

[Philippe Couillard] doit penser qu'il aura un gain politique quelque part à faire le procès des Québécois et des Québécois qui veulent plus de laïcité.Jean-François Lisée, chef du PQ

« Rien ne sert de démoniser l'exercice, affirme-t-il. L'exercice, il va avoir lieu. La consultation va avoir lieu. Ce serait très irréaliste de penser que M. Couillard va l'annuler à quelques semaines d'avis à peine. »

Son collègue Amir Khadir a d'ailleurs proposé une motion pour convoquer une « réunion d'urgence » afin que tous les partis examinent les mesures à prendre pour que les consultations se tiennent dans la « sérénité ». Elle a été rejetée, n'ayant pas eu le consentement unanime des députés.

Une motion de la péquiste Carole Poirier pour mettre fin à la consultation sur le racisme systémique a également été rejetée après un vote, mercredi en fin de journée.

Un « gâchis »

Le chef péquiste Jean-François Lisée semblait exaspéré devant l'entêtement du gouvernement Couillard à mener à bien cette consultation.

« Ça va être un gâchis! a-t-il pesté. Nous, on va continuer à proposer des mesures concrètes de lutte contre la discrimination et le racisme qui feraient consensus, qui pourraient être appliquées aujourd'hui. »

Tant le PQ que la CAQ continuent de croire que le premier ministre Couillard veut marquer des points politiques avec cette consultation.

« De la même façon qu'il m'a accusé, à plusieurs reprises, d'être intolérant, il veut essayer de faire une démonstration qu'il est la personne la plus tolérante au Québec », a lancé le chef caquiste François Legault.

« Il s'entête, a renchéri M. Lisée. Il doit avec une raison politique de le faire. Il doit penser qu'il aura un gain politique quelque part à faire le procès des Québécois et des Québécois qui veulent plus de laïcité. »

QS, de son côté, tente de calmer le jeu. « À l'heure actuelle, le débat est en train de s'envenimer, le débat est en train de dégénérer et c'est la dernière chose que les gens concernés veulent », déplore M. Nadeau-Dubois.

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