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L'ouragan Maria fait un mort et deux disparus en Guadeloupe et ravage La Dominique

Les habitants de la Dominique «ont perdu tout ce qui pouvait être perdu», affirme le premier ministre de l'île.

19/09/2017 05:58 EDT | Actualisé 19/09/2017 14:02 EDT

L'ouragan Maria, "potentiellement catastrophique", a frappé mardi les Caraïbes, faisant un mort et deux disparus sur l'île française de La Guadeloupe et ravageant La Dominique, et se dirigeait vers les Îles Vierges et Porto Rico.

Une personne a été tuée en Guadeloupe par la chute d'un arbre et deux autres sont portées disparues dans le naufrage d'un bateau au large de la Désirade, île qui dépend de la Guadeloupe, ont annoncé les autorités locales.

"Peu de dégâts" ont été notés "sur le bâti", même si "plusieurs toitures se sont envolées" mais "40 % des foyers sont privés d"électricité", selon la même source.

Plus violemment frappée, le territoire indépendant de La Dominique a "perdu tout ce qui pouvait être perdu", a déclaré le Premier ministre Roosevelt Skerrit sur Facebook. Les vents "ont emporté les toits de presque toutes les personnes auxquelles j'ai parlé ou avec qui j'ai été en contact".

Aucune victime n'est toutefois signalée jusqu'à présent dans cette île d'environ 70.000 habitants, selon lui.

Les communications avec La Dominique sont totalement coupées, selon une correspondante de l'AFP à Antigua où beaucoup "sont extrêmement inquiets quant au sort de leurs amis et familles là-bas".

"Une reconnaissance aérienne effectuée par un hélicoptère de la Sécurité civile" française devait être menée sur l'île, avec la possibilité d'envoyer, "si le gouvernement de La Dominique le demande", des pompiers depuis La Martinique "pour secourir des personnes qui seraient en difficulté", a indiqué le directeur général de la Sécurité civile Jacques Witkowski.

Des rafales jusqu'à 260 km/h

L'île française de La Martinique a été moins touchée même si 70.000 clients ont été privés d'électricité, soit un tiers de la population.

"Je n'ai pas dormi de la nuit. J'avais l'estomac noué. J'étais angoissée en me demandant ce qu'il adviendrait de ma maison. Mais c'est avec soulagement que j'ai retrouvé ma maison ce matin. Les vagues sont arrivées en limite du muret devant ma véranda", a témoigné Régine Goron, une conseillère municipale de la commune du Carbet, en Martinique.

Maria oscillait entre les catégories 4 et 5 (le maximum) avec des vents allant jusqu'à 260 km/h, selon le Centre américain des ouragans (NHC) qui l'a qualifié de "potentiellement catastrophique".

Avec des rafales allant jusqu'à 260 km/h, l'ouragan s'éloignait mardi en milieu de journée (heures locales) de la Guadeloupe, et progressait à la vitesse d'environ 20 km/h dans la direction ouest-nord-ouest, menaçant les Îles Vierges, placées sous couvre-feu, et Porto Rico, également en alerte, selon le NHC.

Deux semaines après le passage meurtrier d'Irma à Saint-Barthélemy et Saint-Martin (onze morts à Saint-Martin côté français, quatre côté néerlandais), les deux îles devraient voir passer au sud de leurs côtes ce nouvel ouragan.

Les autorités françaises y ont décrété l'alerte violette à partir de mardi midi (16H00 GMT), qui entraîne le confinement de la population, en raison de "la fragilité de l'habitat" et des "débris qui restent".

'Tout tremble'

Depuis la Guyane (territoire français en Amérique du Sud) où elle se trouve, la ministre française des Outre-mer Annick Girardin a annoncé qu'elle se rendrait dans l'après-midi en Guadeloupe. "Les préoccupations, c'est bien Marie-Galante et les Saintes", deux petits chapelets d'îles également françaises, a-t-elle affirmé.

Sur Radio Caraïbes International, le maire de Terre-de-Haut, aux Saintes, Louis Molinié, a décrit une situation "catastrophique".

"Tout tremble autour de moi", à Vieux-Habitants, à Basse-Terre (Guadeloupe), a raconté sur une chaîne de télévision l'ancien ministre français des Outre-mer Victorin Lurel en décrivant des "pluies torrentielles", "un vent qui n'arrête pas", "des éclairs partout".

Critiqués pour ne pas avoir déployé plus de moyens avant et après le passage de l'ouragan Irma, qui a dévasté leurs territoires d'outre-mer, les gouvernements néerlandais, français et britannique ont été soucieux de montrer leur mobilisation, envoyant des renforts supplémentaires en prévision de Maria.

A Porto Rico, les quelque 3,5 millions d'habitants de l'île se ruaient mardi dans les magasins pour acheter des produits de première nécessité et protégeaient de leur mieux leurs maisons et commerces.

Quelque 500 abris pouvant accueillir près de 67.000 personnes ont été ouverts sur le territoire pour faire face à un ouragan qui "pourrait être le pire du (dernier) siècle à Porto Rico", selon le gouverneur Ricardo Rossello Nevares