POLITIQUE

Le spectre du niqab vient hanter Louis-Hébert

La candidate libérale contredit la position de son chef en 2015.

16/09/2017 00:41 EDT | Actualisé 16/09/2017 00:41 EDT
Toronto Star via Getty Images
Zunera Ishaq se battait devant les tribunaux depuis 2013 afin de pouvoir prêter serment tout en portant le niqab.

VAL D'OR – La candidate libérale dans Louis-Hébert, Ihssane El-Guernati, a contredit la position officielle du premier ministre Philippe Couillard en 2015 sur le port du niqab lors de cérémonies d'assermentation.

Lors des dernières élections fédérales, Mme El-Guernati s'est portée à la défense de Zunera Ishaq, une femme niqabée qui a gagné sa bataille judiciaire pour devenir citoyenne canadienne à visage couvert. Une publication Facebook à ce sujet a refait surface vendredi.

Devant l'ampleur de la controverse au Québec à ce moment-là, le premier ministre avait affirmé que son gouvernement s'objectait « formellement à la notion qu'un serment de citoyenneté puisse être prêté à visage couvert ».

Questionné à ce sujet, M. Couillard s'est porté à la défense de sa candidate dans Louis-Hébert, en disant que les tribunaux avaient déjà tranché. La Cour fédérale avait décrété que Mme Ishaq pouvait prêter serment avec son niqab.

Les conservateurs de Stephen Harper avaient voulu se rendre jusqu'en Cour suprême pour contester, mais aussitôt élu, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a retiré la demande d'appel.

M. Couillard dit maintenant que son parti est d'accord avec la décision de la Cour fédérale et que le projet de loi sur la neutralité religieuse s'inscrit dans cette ligne de pensée.

« En fait, c'est tout à fait en ligne avec ce qu'on pense qui peut être fait et qui doit être fait de façon réaliste, c'est-à-dire de limiter l'obligation du visage découvert à la prestation et la réception du service public », a maintenu le premier ministre.

Les partis d'opposition peu impressionnés

La CAQ, qui a demandé à M. Couillard de clarifier la position du Parti libéral à ce sujet, croit que le Québec doit parler « d'une seule voix face au gouvernement fédéral dans ce dossier qui préoccupe un grand nombre de Québécois ».

Le Parti québécois, de son côté, s'interroge sur les valeurs véhiculées par la candidate.

« Pour nous, les interactions avec l'État doivent se faire à visage découvert. Quel signal la candidate libérale envoie-t-elle en félicitant ce comportement controversé? » s'interroge Normand Beauregard, le candidat péquiste dans Louis-Hébert.

L'élection partielle dans Louis-Hébert aura lieu le 2 octobre.