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Discrimination systémique: la ministre Kathleen Weil défend le huis clos

La ministre a livré des explications embrouillées en point de presse.

15/09/2017 11:08 EDT | Actualisé 15/09/2017 11:37 EDT
Ryan Remiorz/PC

La ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, a défendu vendredi le huis clos des témoignages dans les consultations à venir sur la discrimination systémique.

La ministre a livré des explications embrouillées en point de presse qui ont dû être rectifiées par la suite par l'équipe des communications du gouvernement.

"Ce qui est proposé, c'est que la partie témoignage soit privée, mais cela ne veut pas dire que ce n'est pas public, a-t-elle déclaré. Il y a beaucoup d'événements publics où les médias ne sont pas là."

Les représentants de la presse parlementaire avaient pu en conclure que les citoyens pouvaient assister aux témoignages, mais pas les médias.

Or par la suite la ministre a dû revenir s'expliquer avec son attachée de presse et se dédire. Ainsi, autant les citoyens que les médias seront interdits d'accès durant les témoignages.

Des critiques se sont élevées contre le huis clos des témoignages des consultations, mais Mme Weil a défendu le processus tel qu'il a été élaboré avec la Commission des droits de la personne.

Elle a dit que ce sont les organismes communautaires en charge des consultations qui demandaient à ce que les médias soient exclus.

La ministre soutient que les groupes racisés l'appuient et la félicitent même pour avoir élaboré une démarche de consultations qui ne sera pas totalement publique.

"Toutes les communautés racisées sont à l'aise avec ça, d'ailleurs elles me disent: 'c'est très bien que vous fassiez ça comme ça, parce que ce n'est pas facile.'"

Mme Weil a assuré qu'on pourra se fier aux témoignages rapportés par les groupes communautaires à huis clos.

Des consultations se dérouleront dans plusieurs régions. Elles aboutiront sur un grand forum de deux jours à Montréal en novembre.

Le Parti québécois dénonce l'exercice comme étant le "procès" des Québécois, tandis que la Coalition avenir Québec a dit craindre que ça ne devienne un "dîner de cons".

Québec solidaire a pour sa part dénoncé l'opacité du processus.

Rappelons que l'organisme qui chapeaute l'ensemble du processus, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, est lui-même aux prises avec des problèmes internes.

Sa présidente, Tamara Thermitus, est visée par trois plaintes pour abus d'autorité, mauvaise gestion et manque de respect envers le personnel.

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