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Contacts familiaux limités pour Omar Khadr, l'ex-détenu de Guantanamo

L'ancien détenu de Guantanamo avait demandé un assouplissement des conditions imposées lors de sa remise en liberté il y a deux ans.

15/09/2017 16:38 EDT | Actualisé 15/09/2017 16:38 EDT
Dan Riedlhuber / Reuters

La justice canadienne a assoupli vendredi les conditions de libération de l'ancien détenu de Guantanamo Omar Khadr, lui permettant d'utiliser internet, mais a rejeté sa demande de pouvoir contacter sans être supervisé sa soeur, soupçonnée de sympathies islamistes.

Omar Khadr, 30 ans, avait demandé un assouplissement des conditions imposées lors de sa remise en liberté il y a deux ans, dans l'attente d'une décision en appel de sa condamnation pour crimes de guerre par un tribunal militaire américain d'exception.

Dans sa décision, la juge June Ross a soutenu que rien ne permettait de croire que la soeur d'Omar Khadr, Zaynab, avait atténué ses opinions extrémistes et a donc rejeté sa demande de pouvoir la contacter sans supervision. Zaynab vit au Moyen-Orient et a des enfants.

"Il peut la contacter mais il doit être en présence d'une personne responsable qui a préalablement été autorisée par l'agent supervisant sa libération", a dit Nathan Whitling, l'avocat d'Omar Khadr.

La justice a aussi refusé d'assouplir les conditions de déplacement à l'intérieur du Canada d'Omar Khadr, qui vit en Alberta (Ouest).

Omar Khadr pourra maintenant utiliser internet, "ce qui lui facilitera la vie", selon Me Whitling. Il ne pourra pas consulter de sites de propagande jihadiste, "mais cela ne le dérange pas, car cela ne l'intéresse plus".

Né à Toronto dans une famille sympathisante d'Al-Qaïda, Omar Khadr était devenu à 15 ans le plus jeune détenu de la prison de Guantanamo après sa capture en Afghanistan en 2002 et son transfert à Cuba.

A Guantanamo, il avait été condamné en 2010 à huit ans de prison par un tribunal militaire d'exception pour avoir prétendument jeté une grenade sur les forces armées américaines en Afghanistan, tuant un sergent et blessant un soldat.

Extradé vers le Canada en 2012, il avait finalement été libéré sous conditions en 2015. Omar Khadr s'est marié cet été et veut devenir infirmier.

En juillet, le gouvernement du Canada lui a versé 10,5 millions de dollars canadiens (6,9 millions d'euros) pour régler à l'amiable une action en justice qu'il avait entamée.

En 2010, la Cour suprême du Canada avait tranché que le gouvernement avait violé ses droits constitutionnels en envoyant des responsables participer à des interrogatoires américains à Guantanamo.

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