POLITIQUE

Services sociaux dans la réserve de Lac-Simon: «C'est un génocide», dit la chef Adrienne Jérôme

Mme Jérôme en veut notamment à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

14/09/2017 14:25 EDT | Actualisé 14/09/2017 15:13 EDT

"C'est un génocide, ça enlève du pouvoir aux parents, ça réduit nos femmes au silence, là c'est le moment de dire non, c'est assez."

À quelques mètres seulement d'une réunion des élus du gouvernement Couillard à Val-d'Or, la chef de Lac-Simon, Adrienne Jérôme, a dénoncé en des termes très durs, jeudi, les interventions des services sociaux sur la réserve algonquine.

Elle a déploré que le premier ministre a décliné l'invitation à visiter la communauté située à proximité.

Les Autochtones se sont invités au caucus des députés libéraux en montant un tipi devant l'hôtel où les libéraux sont réunis pour deux jours. Les leaders ont aussi pu rencontrer le premier ministre et des ministres.

Dans un point de presse en marge de la manifestation en matinée, Mme Jérôme a soutenu que les travailleurs sociaux qui interviennent à Lac-Simon font fi des traditions, des modes de résolution de conflits et des cérémonies de guérison préconisées par les Algonquins.

Mme Jérôme en veut particulièrement à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), qui n'aide pas les parents, mais les "met à terre", et ce sont les membres de la communauté qui doivent les "ramasser".

"On leur demande de changer leur approche", a-t-elle déclaré.

En 2013, les habitants de la réserve avaient manifesté contre la DPJ en bloquant la route à ses employés, mais quatre ans plus tard, rien n'est apparemment réglé.

Or, il y a 30 travailleurs sociaux qui s'occupent de Lac-Simon, une communauté de 2000 personnes, alors qu'il y en a 12 pour Val-d'Or, une ville de plus de 30 000 habitants, a soulevé Mme Jérôme.

"On a fait des pressions pour qu'ils ajustent leur tir et nous donnent plus de pouvoirs, pour qu'ils reconnaissent notre culture", a-t-elle déclaré.

"On a nos aidants naturels et on veut qu'ils soient reconnus, parce qu'il y a du monde qui s'en sort chez nous juste avec des cérémonies, en allant dans des lieux de rassemblement, de spiritualité, de culture."

La chef veut qu'on laisse les parents "prendre le chemin qu'ils veulent".

Elle accueille favorablement le projet de loi 99 actuellement à l'étude, qui vise à modifier la Loi sur la protection de la jeunesse.

En vertu de ce texte de loi, la DPJ devra prévenir la communauté et obtenir sa collaboration lorsqu'un jeune autochtone sera retiré de son milieu familial. L'enfant devra être placé dans un milieu qui préserve son identité.