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«First They Killed My Father», le génocide à travers la caméra d'Angelina Jolie

Un drame puissamment immersif sur le génocide cambodgien.

14/09/2017 09:21 EDT | Actualisé 14/09/2017 09:23 EDT
Chris Pizzello/Invision/AP

Angelina Jolie est de passage au Festival international du film de Toronto pour présenter son plus récent long métrage, First They Killed My Father, un drame puissamment immersif sur le génocide cambodgien.

L'intérêt initial de l'actrice et réalisatrice envers le Cambodge remonte à sa participation au film Lara Croft: Tomb Raider, en 2000. Elle dit être alors tombée amoureuse de ce pays et de son peuple, où elle a d'ailleurs adopté son premier enfant, Maddox. C'est aussi à cette époque qu'elle a commencé à s'impliquer auprès de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés.

First They Killed My Father, qui sera présenté sur Netflix et dans certains cinémas dès vendredi, est basé sur les mémoires de Loung Ung, arrivée au Vermont depuis un camp de réfugiés thaïlandais à l'âge de 10 ans. Elle a coécrit le scénario avec Angelina Jolie, une amie de longue date.

Le film adopte sa perspective de fillette âgée d'à peine cinq ans qui vit à Phnom Penh lorsque les Khmers rouges marchent sur la ville et jettent sa famille dans un camp de travail.

Environ deux millions de Cambodgiens, soit près du quart de la population du pays, ont été fauchés par les Khmers rouges durant leur règne de quatre ans.

First They Killed My Father incarne l'entreprise la plus ambitieuse à ce jour de la vedette hollywoodienne : faire un film pour un pays entier.

Au-delà de la guerre vue à travers des yeux d'enfant, le film se veut une catharsis pour le Cambodge même, et une incursion dans le passé des compatriotes de Maddox. L'adolescent de 16 ans a d'ailleurs collaboré au film, qui a été tourné sur place avec des acteurs locaux, professionnels comme amateurs.

Angelina Jolie a fait appel à un thérapeute sur le plateau pour ceux qui auraient à replonger dans leurs traumatismes.

Elle a également recruté à titre de coproducteur Rithy Panh, nommé aux Oscars pour son documentaire sur le génocide cambodgien The Missing Picture.

Elle soutient que le film n'aurait jamais vu le jour si ce dernier avait décliné son offre ou si le tournage sur place s'était avéré impossible.

Pour un pays qui lutte toujours avec son histoire marquée par le génocide, ce processus de commémoration et de reconstitution primait sur le produit fini. «Ce n'est pas vraiment le film en soi, explique Angelina Jolie. Se préparer à le tourner consistait aussi à se préparer à comprendre et à communiquer avec un pays et à aider un pays à parler.»

Elle espère que le film rapprochera son public du peuple cambodgien et d'autres pays dans le tumulte.

«Ce pourrait être la Syrie, souligne-t-elle. Ce pourrait être le Myanmar.»

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