POLITIQUE

Trudeau répond aux journalistes sur les frais de ses vacances de Noël aux Bahamas

Ce dossier controversé fait l'objet d'une enquête de la Commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique.

13/09/2017 14:27 EDT | Actualisé 13/09/2017 19:13 EDT
La Presse canadienne//Andrew Vaughan

Justin Trudeau a conclu une réunion de deux jours de son cabinet à Terre-Neuve-et-Labrador, mercredi midi, en répondant à un barrage de questions des journalistes sur des enjeux controversés qui risquent de le poursuivre au parlement dès la semaine prochaine _ et tout au cours de la deuxième moitié du mandat libéral.

À l'issue de cette réunion présessionnelle du cabinet, à Saint-Jean, le premier ministre a ainsi été talonné sur les frais de ses dernières vacances de Noël aux Bahamas, un dossier controversé qui fait l'objet d'une enquête de la Commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique.

Un peu plus tôt, le nouveau ministre des Anciens Combattans et proche ami de M. Trudeau, Seamus O'Regan, avait été intercepté par des journalistes à propos des plus récentes révélations sur les dépenses publiques entraînées par ce séjour dans les Caraïbes.

M. O'Regan compte parmi ceux qui avaient accompagné le premier ministre et sa famille dans ce voyage en tant qu'invités de l'Aga Khan, riche philanthrope et chef spirituel de 15 millions de musulmans chiites ismaéliens à travers le monde. Justin Trudeau martèle que l'Aga Khan _ dont la fondation a reçu des millions de dollars en fonds fédéraux pour des projets de développement international _ est un ami de famille.

Ce scandale a refait surface mercredi après que CBC eut obtenu des documents en vertu de la Loi sur l'accès à l'information selon lesquels ces vacances ont coûté aux contribuables plus de 215 000 $ pour les services de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), de la Défense nationale, d'Affaires mondiales Canada et du Conseil privé.

Le gouvernement soutient que cette facture comprend en majeure partie des coûts de sécurité qui auraient été occasionnés peu importe la destination du premier ministre.

"Comme c'est le cas pour tout premier ministre, la GRC fournit un service de protection pour le premier ministre et ma famille, et elle fait un excellent travail, a lancé M. Trudeau. Je ne vais pas remettre en question le travail ou les choix que la GRC fait."

Marijuana et Casques bleus

Les journalistes l'ont aussi questionné sur la légalisation de la marijuana dès juillet prochain, même si des corps policiers et certaines provinces soutiennent que cet échéancier est trop serré.

On lui a aussi demandé pourquoi son gouvernement n'avait pas encore décidé à quel endroit les Casques bleus canadiens seront déployés, alors qu'il y a un an, les libéraux avaient annoncé que le Canada contribuerait aux missions de paix des Nations unies avec un contingent pouvant aller jusqu'à 600 militaires.

M. Trudeau a répondu notamment que l'échéancier pour la légalisation de la marijuana récréative ne serait pas modifié, et que son gouvernement ne prendrait pas de décision précipitée sur la question des Casques bleus.

Le premier ministre Trudeau a aussi dû défendre l'idée de son gouvernement d'abolir des "privilèges fiscaux" dont jouissent certains professionnels et dirigeants de petites entreprises bien nantis. Ce dossier provoque des grincements de dents parmi les médecins, les avocats, les conseillers fiscaux et les commerçants qui ont incorporé leur petite entreprise pour payer moins d'impôts _ ainsi qu'au sein même du caucus libéral.

M. Trudeau a maintenu que ce projet de réforme s'aligne avec son plan de faire croître la classe moyenne et de venir en aide aux petites entreprises, tout en demandant aux plus riches de faire leur part.

"Nous continuerons de nous assurer que nous relançons l'économie canadienne par des moyens qui profitent à ceux qui travaillent le plus fort. Et notre soutien aux petites entreprises et aux communautés dans lesquelles elles vivent, notre soutien à la classe moyenne, demeure inébranlable", a-t-il déclaré, en anglais.

Interrogé sur un potentiel problème de communication derrière les critiques que suscitent ces divers dossiers, M. Trudeau a fait appel

à sa réponse type: "Chaque jour représente une occasion de réfléchir sur comment nous pouvons mieux servir les Canadiens."